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Un article de François-Xavier Bourmaud paru dans le Figaro du 17 février 2005

35 heures : Les syndicats défient le gouvernement le 10 mars

jeudi 17 février 2005 par admin

Les syndicats maintiennent la pression sur le gouvernement. Après le succès des manifestations du 5 février contre la réforme des 35 heures, pour demander des hausse de salaires et défendre l’emploi, la CGT, la CFTC et FO ont appelé hier « tous les salariés du public et du privé à des arrêts de travail interprofessionnels ainsi qu’à des manifestations, le jeudi 10 mars ».

Egalement présente à la réunion intersyndicale, la CFDT a pour sa part réservé sa réponse. Essentiellement engagée sur la défense des 35 heures, la centrale de François Chérèque redoute en fait « la récupération politique et la journée fourre-tout ». Or les cheminots, les fonctionnaires, les lycéens et les enseignants envisagent eux aussi de se mettre en grève et de manifester le 10 mars pour prolonger les mouvements engagés pour la défense du service public et contre la réforme de l’éducation nationale.

Fédérant tous les mécontentements actuels, la journée de manifestations qui s’annonce, se profile déjà comme une nouvelle étape de la montée en puissance de la grogne sociale.

« Nous pouvons nous engager sur le pouvoir d’achat et l’emploi mais s’il s’agit de défiler aux côtés des lycéens pour défendre le bac ou aux côtés des fonctionnaires pour défendre le service public : on redoute que la journée soit plus politique que strictement syndicale », confie-t-on au siège de la CFDT.

Cela sans oublier que depuis l’accord donné par la centrale à la réforme des retraites, le syndicat prend désormais bien soin de consulter ses instances en interne avant de s’engager.

Bref, la CFDT se trouve une nouvelle fois confrontée à une décision délicate. Soit elle se joint à l’appel et noie alors ses revendications dans la masse des mécontentements. Soit elle se désolidarise du mouvement et provoque alors la colère de ses militants les plus durs. Entre les deux, la centrale devrait plus vraisemblablement adopter une voie médiane et laisser à ses représentants en entreprise le soin de décider avec une seule consigne : défendre les 35 heures.

Les enjeux du 10 mars dépassent en tout cas largement le seul cadre du temps de travail. Il s’agira avant tout de faire reculer un gouvernement, accusé d’être sourd à la rue, « un déni de démo cratie » selon le patron de FO, Jean-Claude Mailly qui a eu des mots très durs à l’encontre de Jean-Pierre Raffarin au lendemain du 5 février.

Les termes du communiqué diffusé dans la journée d’hier sont d’ailleurs éloquents : « Les confédérations syndicales CFTC, CGT et FO dénoncent le mépris affiché par le gouvernement vis-à-vis des centaines de milliers de manifestants et des organisations syndicales. »

Et, cette fois, les manifestants disposent d’une arme de poids : celle du non à la Constitution européenne, que soutient le gouvernement. Dans la perspective du référendum, les manifestants n’hésitaient déjà plus, le 5 février dernier, à brandir la menace du vote sanction, quitte à ce que ce vote négatif soit complètement déconnecté des revendications.

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