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Un article de Marie Visot paru Le Figaro le 17 novembre 2005

36 000 Maliens de France au secours de leur famille restée au pays

jeudi 17 novembre 2005 par Marie Visot
L’an dernier, les immigrés installés en France ont envoyé dans leur pays plus de 2,5 milliards d’euros. D’abord pour aider leurs proches.

SUBVENIR aux besoins de sa famille restée au pays, aider à l’achat d’un terrain, financer une intervention médicale, participer à la construction d’une route... Autant de raisons pour les immigrés installés dans les pays développés d’envoyer quelques enveloppes dans leur pays d’origine.

En France, ce sont chaque année plus de 2,5 milliards d’euros - 2,538 milliards en 2004 - qui retournent au pays, selon les chiffres de la Banque de France. Les immigrés originaires du Maghreb (Algérie, Maroc, Tunisie) sont ceux qui renvoient le plus (1,1 milliard), suivis par ceux du Portugal (924 millions).

Plus modestement, 115 millions partent vers l’Asie - un chiffre qui a toutefois plus que doublé en 3 ans -, 18 millions vers les pays candidats à l’UE et 1 million vers l’Amérique latine.

En fonction du pays d’origine, les motivations de transfert ne sont pas les mêmes. Une étude publiée l’an dernier par le Comité français pour la solidarité internationale (CFSI) a étudié les différences de comportement avec l’aide d’associations de migrants. Parmi les cas étudiés : les Maliens. L’étude indique que tous les Maliens de France (au nombre de 36 000) transfèrent de l’argent. A des degrés divers : une famille ne transférera de l’argent qu’une à deux fois par an, alors que les célibataires envoient « environ les deux tiers de leur salaire ». D’abord pour « aider la famille » car la culture du soutien familial est « très forte », ensuite pour « alimenter un compte bancaire » qui servira « à construire un logement ou réaliser une infrastructure communautaire », et enfin pour « monter une entreprise ou un commerce ».


520 000 Marocains

Les 520 000 Marocains de France, de leur côté, envoient de l’argent trois ou quatre fois par an, pour 750 millions d’euros au total.

Les personnes nées en France gardent pour elles leurs économies, alors que les clandestins et les prostituées transfèrent « par des canaux non visibles » une très grande partie de leur revenu. « En fréquence, ce sont les jeunes immigrés récents qui transfèrent le plus ; en volume, ce sont les commerçants », note l’étude. Eux aussi envoient de l’argent d’abord pour leur famille (éducation, soins, alimentation) puis pour construire un logement, car « ceux qui ne peuvent pas investir en France le font au Maroc ».

Pour les Vietnamiens (plus de 72 000), transférer de l’argent n’est pas simple, car il n’y a pas de banque vietnamienne en France. Ce qui ne les empêche pas de transférer jusqu’à 30% de leur revenu pour les plus généreux. « Les intellectuels envoient moins que les travailleurs manuels », indique l’étude.

Les envois d’argent sont d’abord destinés à la famille, à condition qu’il y ait un vrai besoin, puis pour les projets humanitaires

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