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Un article de Christelle Chabaud et Paule Masson paru dans L’Humanité du 26 juin 2006

50 % des professions pas en règle avec le SMIC

lundi 26 juin 2006 par Paule Masson, Christelle Chabaud
Le bilan annuel de la négociation collective montre que le phénomène des minima en deçà du SMIC perdure.

Le bilan de la négociation sociale 2005 est remis ce matin aux partenaires sociaux. Dans le cadre de la Commission nationale de la négociation collective (CNNC), Gérard Larcher, ministre délégué à l’Emploi, ne va pas manquer de vanter une « amélioration des premiers niveaux de salaires au SMIC ». Selon le bilan, 60 % des 158 branches professionnelles du secteur général auraient maintenant un premier niveau de salaire conforme au montant du SMIC. Elles étaient 53 % en 2004. Mais, avoue le rapport, 18 % de ces secteurs, les assurances par exemple, ont fourni des données sur la base de garanties minimales et non de minima salariaux. Un certain nombre d’éléments de rémunération hors salaire de base sont pris en compte, comme les primes, de plus en plus nombreuses, qui n’interviennent pas, par exemple, dans le calcul de la retraite.

Résultat, moins de la moitié des professions sont en règle avec le SMIC. Parmi elles, la chimie qui possède six coefficients en dessous, l’immobilier ou l’habillement, pour l’ensemble de leurs échelons ouvriers, l’ameublement, pour la totalité de sa grille « employés ». Les branches de la métallurgie sont globalement en régression. Le bilan reconnaît 68 % de secteurs avec des minima équivalents au SMIC contre 72 % l’an dernier. Il n’y a guère que dans le bâtiment où l’amélioration pour les ouvriers est plus perceptible, juste au niveau du SMIC cependant.

À cela s’ajoutent de nombreux secteurs professionnels qui ont négocié leurs minima sur la base du montant de l’ancien SMIC. Au premier juillet 2005, ils sont donc redevenus non conformes. C’est le cas du commerce alimentaire, de l’équipement ménager ou des magasins de bricolage. La mécanique va malheureusement se reproduire dès le 1er juillet, jour où le SMIC 2006 va entrer en application. « On part de tellement bas que le moindre accord passe pour un progrès sans précédent alors que cela ne revient en réalité qu’à mettre les minima en conformité avec la loi », grince la CGT.


Restauration, une grille déjà périmée

La nouvelle grille des salaires proposée dans la restauration par les organisations patronales sera obsolète dès le 1er juillet.

« C’est une franche rigolade », préfère-t-on ironiser côté syndicats, à la lecture de la nouvelle grille des salaires proposée par les organisations patronales des hôtels-cafés-restaurants. Car question salariale, cela fait un bout de temps que les représentants du personnel du secteur ont le rire plutôt jaune. « Nous attendions beaucoup de cette nouvelle grille destinée à remplacer l’actuelle, qui date de 1997, est toujours libellée en francs et dont la plupart des échelons se situent en dessous de la loi, soupire Johanny Ramos de la CFDT. Or, au vu de la prochaine augmentation du SMIC le 1er juillet, elle suggère des niveaux de salaires qui seront obsolètes dans dix jours. » Pour l’UMIH, principale organisation patronale du secteur, les salaires vont s’améliorer de 0,8 % à 4 % selon les échelons. Mais le responsable cédétiste nuance : « Cinq échelons seront tout de même en dessous de la rémunération minimale légale dès le 1er juillet, tellement le secteur a du retard sur le plan des revenus. »

En décembre 2005 pourtant, un accord de remise à jour avait été signé par tous les syndicats et une organisation patronale minoritaire, la FAGIHT, pour tenter de mettre fin à ce fonctionnement obsolète. Mais en l’absence de l’UMIH, qui mettait comme condition sine qua non à sa signature le feu vert de Bruxelles pour baisser la TVA de 19,6 % à 5,5 %, le ministère du Travail ne l’avait jamais mis en application. N’ayant pu obtenir l’autorisation de la Commission européenne, le gouvernement a donc négocié en avril un plan de soutien aux hôtels-cafés-restaurants prévoyant une nouvelle diminution des charges sociales contre l’augmentation des salaires. « Le gouvernement, qui escomptait créer une nouvelle niche pour l’emploi, s’est fait rouler dans la farine », résume le syndicaliste CFDT.

Malgré 80 000 postes vacants dans l’hôtellerie et la restauration, l’attractivité du métier n’est pas au rendez-vous. Pour la CGT, « outre la pénibilité du travail, le principal frein au réel dynamisme du secteur reste encore et toujours un salaire beaucoup trop faible ». Et ce n’est pas la nouvelle grille présentée la semaine dernière à Renaud Dutreil et Gérard Larcher, respectivement ministre délégué au Commerce et ministre délégué à l’Emploi, qui va changer la donne.

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