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Article de Jean-Michel Bezat paru dans Le Monde du 13.09.06

A 64 dollars, le baril de brut retombe à son niveau de mars

jeudi 14 septembre 2006 par Jean-Michel Bezat
Les cours du pétrole ont poursuivi leur baisse, lundi 11 septembre, amorcée depuis le pic atteint le 7 août, où le baril avait dépassé 78 dollars. Le light sweet crude pour livraison en octobre a touché 64,85 dollars à New York, son plus bas niveau depuis le 27 mars, tandis que le Brent de la mer du Nord tombait sous la barre des 64 dollars à Londres.

Malgré ce recul et un bon approvisionnement du marché, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), réunie lundi à Vienne (Autriche), a décidé de maintenir son quota officiel de production (hors Irak) à 28 millions de barils par jour.

"L’OPEP s’assurera que l’offre et la demande demeurent équilibrées, avec des cours à des niveaux raisonnables et une fourniture des volumes requis par le marché", indique le cartel dans son communiqué. Si l’Arabie saoudite s’est félicitée d’une situation qui permet d’éviter un fort ralentissement économique dans les pays consommateurs, l’Iran, [le Nigeria> mot 137] et le Venezuela sont eux "préoccupés".

"On ne peut pas permettre que les prix tombent au-dessous de 60 dollars", a prévenu Rafael Ramirez, le ministre vénézuélien de l’énergie. Les onze membres de l’OPEP sont tombés d’accord pour autoriser son président, le Nigérian Edmund Daukoru, à convoquer une réunion avant celle prévue à Abuja (Nigeria) en décembre s’il s’avérait nécessaire de réduire le quota pour enrayer une dégringolade des cours.

"C’est le cumul de plusieurs facteurs qui a entraîné cette baisse, explique Francis Perrin, directeur de la rédaction de la revue Pétrole et Gaz arabes. Le pic de la consommation d’essence aux Etats-Unis est derrière nous, les cyclones redoutés dans le golfe du Mexique ne sont pas encore survenus et BP s’est montré rassurant sur la remise en production totale de Prudhoe Bay en Alaska" après l’arrêt imposé par la corrosion de ses oléoducs.

TROIS FACTEURS GÉOPOLITIQUES

S’y ajoutent trois données géopolitiques, poursuit M. Perrin : la fin du conflit au Liban ; une possible suspension temporaire du programme iranien d’enrichissement d’uranium, qui éloigne la menace de sanctions contre la République islamique ; le maintien par l’OPEP de sa production, même si des experts assurent que certains de ses membres l’ont déjà réduite discrètement.

Les risques demeurent cependant à court terme (cyclones, Iran...) ou à moyen terme (tension offre-demande). Et les scénarios noirs sont toujours à l’étude.

"Globalement, l’Europe éviterait de peu une récession si le baril atteignait 100 dollars", prévient Jean-Michel Six, économiste en chef pour l’Europe de l’agence de notation Standard & Poors. Dans une étude publiée le 11 septembre, il estime que l’impact sur la croissance serait inférieur à la moyenne en Italie, en Finlande, en Autriche et en Belgique, dans la moyenne en France, en Allemagne et en Espagne. Pays-Bas, Portugal et Grèce seraient plus durement affectés. Hors zone euro, le Royaume-Uni et le Danemark seraient "beaucoup plus vulnérables" que la Suède.

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