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Un article de Paul Falzon paru dans L’Humanité du 4 février 2006

À Bruxelles, les syndicats unanimes contre l’OPA

samedi 4 février 2006 par Paul Falzon
Réunis cette semaine, les représentants des salariés d’Arcelor en Europe se disent inquiets des conséquences sur l’emploi.

Un « non » unanime et ferme. C’est la réponse que les syndicats européens d’Arcelor ont voulu adresser à l’OPA du groupe Mittal. Réunis mercredi à Bruxelles dans les locaux de la Fédération européenne de la métallurgie (FEM) pour élaborer une position commune, les représentants d’une vingtaine d’organisations de salariés des six pays concernés [1] ont fait part de leurs inquiétudes concernant l’emploi et le dialogue social. L’OPA « générerait une position dominante » du sidérurgiste indien, résume le communiqué final, et les « effets de synergie » rendus possibles par la taille du nouveau groupe mettraient en danger « de nombreux emplois ». Les syndicats européens en appellent aux institutions de l’Union, en particulier à la Commission, pour « ouvrir le dialogue » sur les enjeux sociaux et industriels que met en lumière l’offre d’achat.

« Je ne sais pas ce que la Commission peut faire pour nous, mais je sais que M. Mittal fait le tour d’Europe pour rechercher des appuis politiques », indiquait le secrétaire général de la FEM, Peter Scherrer, à l’issue de la réunion. Le coordinateur des syndicats européens d’Arcelor, Luis Miguel Fernandez, a dit espérer un « signal fort » de Bruxelles sur « le plan industriel et social » (voir ci-dessous). Autrement dit, l’espoir des métallos repose avant tout sur l’intervention des politiques. En attendant, prudence. Les syndicats ont choisi de ne pas organiser d’action de protestation dans l’immédiat, renvoyant toute décision sur le sujet à leur prochaine réunion, le 22 février à Luxembourg. Il semble que, derrière l’unanimité affichée, certaines organisations se soient montrées plus réservées que les autres sur les dangers de l’OPA et sur la réponse à lui apporter. Avant de se rallier à la position commune, le géant allemand IG Metall avait jugé qu’au vu de ses derniers rachats, la « philosophie » de Mittal ne semblait pas « de fermer des entreprises ».

Les syndicats semblent surtout inquiets de perdre ce qu’ils disent avoir arraché au fil des années avec la direction d’Arcelor, « un dialogue social de haut niveau ». « Nous n’oublions pas qu’Arcelor a détruit de nombreux emplois mais on a fait des progrès ces dernières années », déclarait Peter Scherrer. « Quand on observe ce qui se passe chez Mittal, on est face à un dialogue social à l’ancienne, difficile, soumis à des pressions, ajoute Bertrand Le Facher, de la CGC [[Le syndicat des cadres participait à la réunion en tant que « membre associé » de la FEM.. Chez Arcelor, les organisations sociales ne sont pas méprisées, et les fermetures de site ont été suivies de plans de reclassement efficaces. » Au nom de la CSC belge (catholique), qui s’est heurtée avec son homologue socialiste FGTB à la fermeture des hauts fourneaux de Liège en 2004, Paul Liakos semblait dire qu’avec Arcelor le plus dur était passé : « On a une visibilité industrielle à 4 ou 5 ans. Sur Mittal, nous ne savons rien de leurs projets, sinon que son OPA n’est pas liée à une stratégie industrielle mais à un souci de rentabilité. Sans compter que le budget de recherche-développement de Mittal est loin derrière celui d’Arcelor. »

[1] France, Allemagne, Belgique, Pays-Bas, Espagne et Italie.

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