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Rémi Barroux | Le Monde du 2 mai 2007

A la veille du second tour, pas d’unité syndicale pour le 1er Mai

mercredi 2 mai 2007 par Rémi Barroux

Le front syndical désuni pour le défilé du 1er Mai préfigure-t-il les stratégies de l’après-présidentielle ? Avec, d’un côté, des syndicats qui entendent faire de la mobilisation une étape indispensable à toute négociation, selon le credo de la CGT. Et, de l’autre, des syndicats qui, comme la CFDT, ne passent par l’étape de la rue que contraints par le blocage du dialogue social ou le rapport de forces.

Après avoir, tous, célébré la victoire de la démocratie au lendemain du premier tour, arguant du fort taux de participation et de la "disqualification" du Front national, les syndicalistes ont repris des postures classiques (Le Monde du 25 avril). Ce 1er Mai ne profite d’aucune dynamique malgré la place importante aux questions économiques et sociales dans cette campagne électorale et le fait que les candidats ont manifesté un intérêt nouveau à rencontrer les leaders syndicaux. L’accord entre les deux principales confédérations, la CFDT et la CGT, sur la réforme de la représentativité syndicale, ou encore le souvenir des mobilisations réussies contre le contrat première embauche du gouvernement de Dominique de Villepin, voilà un an, ne se traduisent pas dans la rue par des retrouvailles générales. FO, CFDT et CFTC manifestent chacune de son côté, et l’après-midi, à Paris tout du moins, la CGT avec la FSU, l’UNSA, Solidaires, l’UNEF... défileront pour réaffirmer l’urgence du "progrès social".

Aucune consigne de vote en tant que telle n’est donnée, même si les syndicats défilant l’après-midi ne cachent pas leur hostilité à Nicolas Sarkozy, la CGT alertant sur "le risque (...) d’un gouvernement totalement acquis à une vision ultralibérale de la société".

Calendrier électoral oblige, les défilés du 1er Mai tombent, systématiquement, entre les deux tours de l’élection présidentielle. La dernière édition, en 2002, avait pris un tour particulier en raison de la qualification au second tour de Jean-Marie Le Pen, tous les syndicats sans exception avaient participé au défilé anti-FN, place de la République à Paris.

Pour l’édition 1995, le scénario était à la dispersion. Les 15 % de M. Le Pen au 1er tour avaient certes suscité l’inquiétude des syndicalistes mais pas de riposte unitaire. Le 1er Mai 1988, à Paris, seuls quelque 5 000 militants avaient réalisé la jonction, en défilant le matin avec la CFDT et la Fédération de l’éducation nationale (FEN) puis avec la CGT l’après-midi. Le secrétaire général de la CGT, Henri Krasucki, ne nourrissant alors aucun espoir quant à l’issue du second tour, avait déclaré : "Tout passe par la lutte !"

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