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Article de Antonin Garnier paru dans Le Figaro du 20 juin 2006

Amiante : les mécanismes du cancer dévoilés

mardi 20 juin 2006 par Antonin Garnier
Des chercheurs américains viennent de décrire l’action de la fibre minérale conduisant au cancer de la plèvre.

UN DES PRINCIPAUX cancers dont l’amiante est responsable est le mésothéliome (ou cancer de la plèvre). Une partie de son mécanisme d’action vient d’être précisée. Alors que les études épidémiologiques ont montré depuis de nombreuses années le rôle primordial de l’amiante en tant que promoteur dans le processus cancéreux, jamais son mode d’action au niveau cellulaire n’a été clairement identifié. Une équipe américaine de l’université de Chicago propose un mécanisme possible de la cancérogenèse qui laisse entrevoir des perspectives thérapeutiques, en particulier au niveau de la prévention des populations à risques (1).

Le mésothéliome est une tumeur qui touche la plèvre, deux feuillets séparant les poumons de la cage thoracique. En 1996, l’Institut national de la santé et la recherche médicale (Inserm) estimait à 1 950 le nombre de décès annuels causés par l’amiante, dont 750 dus à des mésothéliomes. Parce que les fibres d’amiante n’agissent pas directement comme substances cancérigènes, mais utilisent des voies indirectes, leur implication est difficile à établir à l’échelle de la cellule.

L’étude des Américains lève une part du voile. Les fibres d’amiante qui s’introduisent à travers le tissu pulmonaire entraînent une réaction inflammatoire. Des cellules spécialisées dans la défense immunitaire, les macrophages, entrent alors en jeu, absorbent (phagocytent) ces fibres et sécrètent de nombreuses molécules dont le TNF-alpha. Cette substance permet aux cellules de la plèvre de survivre à l’agression causée par l’amiante et de se multiplier encore plus. Paradoxalement, le phénomène dessert l’organisme : l’amiante induit des mutations sur l’ADN et crée par conséquent des cellules cancéreuses qui vont résister et proliférer de façon anarchique. L’étude préconise donc d’agir à la racine en inhibant la production du TNF-alpha, ou sa cible, afin de prévenir la survenue de la maladie.

Pic de l’épidémie en France entre 2020 et 2030

Marie-Claude Jaurand, directeur de recherches sur les tumeurs mésothéliales à l’Inserm, n’est pas complètement convaincue par le scénario. « Les expériences portent sur des cellules normales, or une fois que la tumeur est en place, il n’y a plus d’amiante dans la plèvre depuis longtemps. En revanche, il est vrai que l’on pourrait essayer de traiter les personnes qui, aujourd’hui encore, sont au contact de l’amiante, mais une fois que le processus est lancé il devient difficile d’agir. Même si l’idée de ralentir la multiplication des tumeurs est à envisager. »

Des projections estiment qu’en France l’épidémie devrait atteindre son taux le plus élevé entre 2020 et 2030. En effet, le temps de latence entre l’exposition et l’apparition de la maladie est d’environ trente ans, or l’utilisation de l’amiante en France n’a été interdite qu’en 1996 (nos éditions du 27 septembre 2005). Dans ces conditions, la mise au point de traitements préventifs pour les personnes ayant été en contact avec l’amiante doit constituer un axe important de la recherche pour en minimiser les conséquences.

(1) PNAS, mardi 20 juin 2006.

Des chercheurs américains viennent de décrire l’action de la fibre minérale conduisant au cancer de la plèvre.

L’université de Jussieu.

UN DES PRINCIPAUX cancers dont l’amiante est responsable est le mésothéliome (ou cancer de la plèvre). Une partie de son mécanisme d’action vient d’être précisée. Alors que les études épidémiologiques ont montré depuis de nombreuses années le rôle primordial de l’amiante en tant que promoteur dans le processus cancéreux, jamais son mode d’action au niveau cellulaire n’a été clairement identifié. Une équipe américaine de l’université de Chicago propose un mécanisme possible de la cancérogenèse qui laisse entrevoir des perspectives thérapeutiques, en particulier au niveau de la prévention des populations à risques (1).

Le mésothéliome est une tumeur qui touche la plèvre, deux feuillets séparant les poumons de la cage thoracique. En 1996, l’Institut national de la santé et la recherche médicale (Inserm) estimait à 1 950 le nombre de décès annuels causés par l’amiante, dont 750 dus à des mésothéliomes. Parce que les fibres d’amiante n’agissent pas directement comme substances cancérigènes, mais utilisent des voies indirectes, leur implication est difficile à établir à l’échelle de la cellule.

L’étude des Américains lève une part du voile. Les fibres d’amiante qui s’introduisent à travers le tissu pulmonaire entraînent une réaction inflammatoire. Des cellules spécialisées dans la défense immunitaire, les macrophages, entrent alors en jeu, absorbent (phagocytent) ces fibres et sécrètent de nombreuses molécules dont le TNF-alpha. Cette substance permet aux cellules de la plèvre de survivre à l’agression causée par l’amiante et de se multiplier encore plus. Paradoxalement, le phénomène dessert l’organisme : l’amiante induit des mutations sur l’ADN et crée par conséquent des cellules cancéreuses qui vont résister et proliférer de façon anarchique. L’étude préconise donc d’agir à la racine en inhibant la production du TNF-alpha, ou sa cible, afin de prévenir la survenue de la maladie.

Pic de l’épidémie en France entre 2020 et 2030

Marie-Claude Jaurand, directeur de recherches sur les tumeurs mésothéliales à l’Inserm, n’est pas complètement convaincue par le scénario. « Les expériences portent sur des cellules normales, or une fois que la tumeur est en place, il n’y a plus d’amiante dans la plèvre depuis longtemps. En revanche, il est vrai que l’on pourrait essayer de traiter les personnes qui, aujourd’hui encore, sont au contact de l’amiante, mais une fois que le processus est lancé il devient difficile d’agir. Même si l’idée de ralentir la multiplication des tumeurs est à envisager. »

Des projections estiment qu’en France l’épidémie devrait atteindre son taux le plus élevé entre 2020 et 2030. En effet, le temps de latence entre l’exposition et l’apparition de la maladie est d’environ trente ans, or l’utilisation de l’amiante en France n’a été interdite qu’en 1996 (nos éditions du 27 septembre 2005). Dans ces conditions, la mise au point de traitements préventifs pour les personnes ayant été en contact avec l’amiante doit constituer un axe important de la recherche pour en minimiser les conséquences.

(1) PNAS, mardi 20 juin 2006.

Des chercheurs américains viennent de décrire l’action de la fibre minérale conduisant au cancer de la plèvre.

UN DES PRINCIPAUX cancers dont l’amiante est responsable est le mésothéliome (ou cancer de la plèvre). Une partie de son mécanisme d’action vient d’être précisée. Alors que les études épidémiologiques ont montré depuis de nombreuses années le rôle primordial de l’amiante en tant que promoteur dans le processus cancéreux, jamais son mode d’action au niveau cellulaire n’a été clairement identifié. Une équipe américaine de l’université de Chicago propose un mécanisme possible de la cancérogenèse qui laisse entrevoir des perspectives thérapeutiques, en particulier au niveau de la prévention des populations à risques [1].

Le mésothéliome est une tumeur qui touche la plèvre, deux feuillets séparant les poumons de la cage thoracique. En 1996, l’Institut national de la santé et la recherche médicale (Inserm) estimait à 1 950 le nombre de décès annuels causés par l’amiante, dont 750 dus à des mésothéliomes. Parce que les fibres d’amiante n’agissent pas directement comme substances cancérigènes, mais utilisent des voies indirectes, leur implication est difficile à établir à l’échelle de la cellule.

L’étude des Américains lève une part du voile. Les fibres d’amiante qui s’introduisent à travers le tissu pulmonaire entraînent une réaction inflammatoire. Des cellules spécialisées dans la défense immunitaire, les macrophages, entrent alors en jeu, absorbent (phagocytent) ces fibres et sécrètent de nombreuses molécules dont le TNF-alpha. Cette substance permet aux cellules de la plèvre de survivre à l’agression causée par l’amiante et de se multiplier encore plus. Paradoxalement, le phénomène dessert l’organisme : l’amiante induit des mutations sur l’ADN et crée par conséquent des cellules cancéreuses qui vont résister et proliférer de façon anarchique. L’étude préconise donc d’agir à la racine en inhibant la production du TNF-alpha, ou sa cible, afin de prévenir la survenue de la maladie.

Pic de l’épidémie en France entre 2020 et 2030

Marie-Claude Jaurand, directeur de recherches sur les tumeurs mésothéliales à l’Inserm, n’est pas complètement convaincue par le scénario. « Les expériences portent sur des cellules normales, or une fois que la tumeur est en place, il n’y a plus d’amiante dans la plèvre depuis longtemps. En revanche, il est vrai que l’on pourrait essayer de traiter les personnes qui, aujourd’hui encore, sont au contact de l’amiante, mais une fois que le processus est lancé il devient difficile d’agir. Même si l’idée de ralentir la multiplication des tumeurs est à envisager. »

Des projections estiment qu’en France l’épidémie devrait atteindre son taux le plus élevé entre 2020 et 2030. En effet, le temps de latence entre l’exposition et l’apparition de la maladie est d’environ trente ans, or l’utilisation de l’amiante en France n’a été interdite qu’en 1996 (nos éditions du 27 septembre 2005). Dans ces conditions, la mise au point de traitements préventifs pour les personnes ayant été en contact avec l’amiante doit constituer un axe important de la recherche pour en minimiser les conséquences.

[1] PNAS, mardi 20 juin 2006.

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