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Un article de Christophe Deroubaix paru dans L’Humanité du 1er juin 2006

Arcelor accusé de discriminations syndicales

jeudi 1er juin 2006 par Christophe Deroubaix
Prud’hommes . Face au retard de leur déroulement de carrières, seize salariés du site de Fos ont saisi le tribunal. Première décision aujourd’hui au conseil de Martigues.

Face à l’OPA de Mittal, Arcelor ne cesse de vanter, par la voix de Guy Dollé, son PDG, la politique sociale du groupe. Voilà une affirmation qui fait bondir les seize salariés du site de Fos qui poursuivent leur employeur devant les prud’hommes pour discrimination syndicale. Ce jeudi 1er juin, le conseil de Martigues doit statuer sur le premier cas, celui de Bernard Huriaux, ancien secrétaire de la section CFDT. « Le nez dans le guidon », comme il le dit, pendant son activité salariée et syndicale, il a commencé à faire ses comptes, au moment de son passage en préretraite. Entré comme technicien en 1972, il a gagné 95 points d’indice contre 130 en moyenne pour les salariés de son service et 170 points pour ceux qui sont diplômés comme lui, puisqu’il a obtenu, en 1992, un DESS « social et communication ».

Responsable syndical depuis 1977, il a été à la pointe du célèbre conflit de 1979. Pour lui, l’explication ne doit pas être cherchée ailleurs. Pourtant, la Sollac (alors Solmer), au moment de son installation à Fos, en 1972, avait emmené dans ses bagages la CFDT, jugée plus conciliante face à une CGT très puissante dans le département des Bouches-du-Rhône . « Ça ne leur a pas réussi », ironise Bernard Huriaux. Quatre autres responsables de syndicats CFDT ont saisi les prud’hommes. Pourquoi maintenant ? « C’est au moment où les gens prennent leur retraite qu’ils se rendent compte qu’il y a eu discrimination », souligne Claude Combettes, autre plaignant CFDT. Pour le syndicat CFDT du site, les tableaux fournis par la direction amènent les preuves des blocages de carrières et de salaires. Le syndicat majoritaire pointe également la non-reconnaissance de certains diplômes inscrits au plan de formation et des compétences acquises dans l’exercice de fonctions syndicales. Toutes ces infractions ont été portées à la connaissance de la Haute autorité de lutte contre la discrimination et l’exclusion a été saisie (Halde). Côté CGT, aussi, on porte les mêmes accusations. Onze de ses militants ont lancé une procédure unitaire qui ne sera finalement étudiée qu’en septembre après une demande de report effectuée par la direction de l’entreprise.

Arcelor se retranche notamment derrière un accord conclu dans les années quatre-vingt qui prévoyait le suivi des situations des élus et mandatés syndicaux. « Nos remarques n’ont jamais été prises en compte. De toute façon, cet accord ne stipulait pas qu’il y avait de la part d’Arcelor reconnaissance du fait de discrimination syndicale », souligne Gilbert Roux, représentant syndical CGT. Embauché en 1974 comme conducteur de portiques, il occupe toujours la même fonction. « Arcelor a aussi signé un accord de responsabilité sociale avec le syndicat mondial de la métallurgie et le syndicat européen de la métallurgie, mais cela n’a rien changé », ajoute Bernard Huriaux.

Les deux syndicats attendent des décisions prud’homales une reconnaissance de ces discriminations et un accord de réparation, comme l’ont fait Peugeot, Renault ou la SNECMA.

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