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Mehdi Fikri | L’Humanité du 09.04.2008

ArcelorMittal tente de négocier la paix sociale

jeudi 10 avril 2008 par Mehdi Fikri
SIDéRURGIE . Pérenniser le laminoir de Gandrange et Florange : des déclarations d’intention qui visent surtout à calmer les craintes des Lorrains.

Nicolas Sarkozy n’a rien retiré de son face-à-face théâtralisé avec le géant de l’acier. Ce qui n’a pas empêché la présidence d’endosser lundi le bénéfice des engagements pris par Mittal. Mais, après trois mois de forte mobilisation, ces déclarations d’intentions ont surtout pour but de mettre l’éteignoir sur la colère des Lorrains. Et d’assurer un avenir sans vagues aux projets à venir. Mais personne ne semble prêt à se laisser berner. Décryptage et réactions sur les principaux points du « projet de revitalisation » de Mittal.

Extension du laminoir de Gandrange. Syndicats et élus l’ont répété sans relâche

depuis janvier : « Vouloir conserver cette seule unité à Gandrange est une imposture. Le laminoir n’est pas viable sans l’aciérie, en raison du coût de transport de l’acier. » Réponse d’Arcelor Mittal : un investissement de 35 millions y sera effectué, pour créer 124 nouveaux emplois. Pour la CGT et la CFDT, la carotte est bien fade. Marc Barthel (CGT) : « 124 emplois contre 575 postes en moins, sans compter les sous-traitants et les jeunes intérimaires qui passent à la trappe. On va pas se réjouir. » Pascal Auzanneau (CFDT) : « Mittal entend aussi implanter un centre de formation technique. Mais, dans un premier temps, les emplois créés ne correspondront pas aux compétences des salariés actuels. Où va-t-on aller chercher les nouveaux salariés ? »

Pérennisation du site Florange au-delà de 2012. Mittal affirme que Florange, où seront reclassés les ouvriers de Gandrange, sera pérennisé. Mais seulement « si la réglementation sur le CO2 n’affecte pas excessivement sa compétitivité » et « si la conjoncture est bonne ». Délégué CFDT à Florange, Pascal Auzanneau tombe des nues : « Mais ils se foutent de nous ! D’abord, la pérennisation du site est censée être déjà acquise. Ensuite, ça veut dire quoi une bonne conjoncture ? La demande d’acier est en hausse constante ! » Par ailleurs, Aurélie Filippetti, députée (PS) de Moselle, dénonçait hier le chantage au CO2 de Mittal : « Il est inadmissible que Mittal réclame davantage de quotas, comme il l’a fait à Liège. »

Un fonds Mittal-État pour la recherche et les entreprises. ArcelorMittal s’engage à étudier avec l’État et le conseil régional la création d’un fonds pour financer, à hauteur de 20 millions, la recherche-développement et les sociétés innovantes de la métallurgie. Là encore, les intéressés restent dubitatifs. « Au sein d’ArcelorMittal France, nous avons besoin de centre de recherche. Alors pourquoi proposer d’en créer un à l’extérieur de la boîte ? C’est bizarre », souligne Marc Barthel, qui insiste sur le fait que « de toute façon, rien n’est acté, tout est au conditionnel ». « La Lorraine récolte encore les miettes, déplore de son côté Patrick Abate, responsable des élus communistes de Moselle. Où est la politique industrielle que nous réclamons depuis des années ? »

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