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FRÉDÉRIC DE MONICAULT. | Le Figaro le 03 juillet 2007

Areva et Bouygues prêts à renforcer leurs liens

mardi 3 juillet 2007 par Frédéric de Monicault
Les deux groupes réfléchissent à une offre globale pour leurs clients nucléaires.

COOPÉRATION industrielle à l’étude chez deux des principaux industriels français : Areva, le leader mondial du nucléaire, et Bouygues, le géant du BTP, réfléchissent ensemble à un projet de partenariat. Pour le moment, rien n’a encore été formalisé. Toutefois, le stade des simples réunions informelles a été largement dépassé.

Les deux entreprises envisagent une offre commune, intégrant les compétences des deux groupes. Pour le moment, chacun travaille de son côté. Tandis que Bouygues réalise les travaux de génie civil, Areva fournit la chaudière nucléaire. De fait, les deux groupes se retrouvent régulièrement sur les mêmes projets. C’est le cas à Flamanville, dans la Manche, où EDF prévoit de mettre en service son EPR, le réacteur de troisième génération, à l’horizon de 2012. C’est le cas aussi en Finlande, à cette petite nuance près que Bouygues se retrouve sous-traitant d’Areva pour la partie béton de l’îlot nucléaire d’Olkiluoto 3. Un chantier dont Areva est le maître d’oeuvre et au sein duquel Bouygues a vu son rôle se renforcer, après les défaillances d’un cimentier finlandais.

Si Bouygues et Areva venaient à concrétiser l’idée de ce partenariat - il pourrait prendre la forme d’un joint-venture entre les deux sociétés -, ils cibleraient tous les pays intéressés par l’acquisition de la technologie EPR. Seuls les États-Unis échapperaient à ce périmètre, car, outre-Atlantique, le groupe nucléaire travaille déjà en collaboration avec Bechtel, le numéro un américain de l’ingénierie et de la construction.

Meccano industriel

Un tel projet Bouygues-Areva, même cantonné dans un registre industriel, est observé de très près. À l’heure où le gouvernement étudie une nouvelle vague de cessions de participations publiques, Areva est directement concerné. Or, s’il devait y avoir des mouvements sur le capital du groupe nucléaire, Bouygues, qui a régulièrement évoqué son intérêt pour Areva, serait en première ligne. Un grand Meccano industriel est même évoqué, avec l’irruption d’Alstom. Bouygues dispose en effet de 25 % d’Alstom. Seul hic, Patrick Kron, le président d’Alstom, n’entretient pas les meilleures relations avec Anne Lauvergeon.

De fait, une simple alliance industrielle entre Areva et Bouygues fait naître deux hypothèses. S’agit-il simplement de tenter de satisfaire Bouygues en le cantonnant dans un rôle de seul partenaire industriel ? Ou, au contraire, s’agit-il de jeter les bases d’un futur rapprochement capitalistique ? Les deux scénarios sont recevables.

En attendant, on sait qu’Anne Lauvergeon est sollicitée par plusieurs industriels désireux de prendre une participation dans Areva. D’ici à ce qu’elle soit tentée de « saupoudrer » son capital aux mains de plusieurs industriels, ce serait de bonne guerre.

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