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Feryel Gadhoum | Le figaro le 29/08/2008

Areva : l’EPR finlandais coûte de plus en plus cher

dimanche 31 août 2008 par Feryel Gadhoum
Le premier EPR, baptisé OL3, en cours de construction en Finlande, coûtera 4,5 milliards d’euros.

Le constructeur de centrales nucléaires Areva a réalisé un très bon premier semestre 2008. Le groupe, présidé par Anne Lauvergeon, a enregistré un résultat net en hausse de 157 %, à 760 millions d’euros. Le chiffre d’affaires a gagné 14,8 %, à 6,16 milliards.

Jamais période n’a été aussi faste pour le groupe. Face à la flambée du prix des combustibles fossiles, la majorité des pays ont opté pour une relance ou une entrée dans le nucléaire civil. Areva a déjà signé de nombreux partenariats partout dans le monde pour construire des EPR, les réacteurs de troisième génération. Son carnet de commandes n’a jamais été aussi rempli : 38,12 milliards d’euros.

Revers de la médaille

Mais chaque médaille a son revers. Le premier EPR, baptisé OL3, en cours de construction en Finlande, a coûté cher au groupe tant en termes financiers qu’en termes d’image. Les retards se sont multipliés et ont poussé le groupe à enregistrer à cinq re­prises des provisions dans ses comptes. Le montant total de ces écritures comptables n’a pas été dévoilé, mais le quotidien Les Échos estime que les provisions se monteraient à plus de 1 milliard d’euros. Hier, Areva n’a ni confirmé ni infirmé ce chiffre.

En revanche, le groupe e st en négociations avec son client finlandais pour savoir à qui incombera la charge finale des coûts liés aux retards de construction de l’EP R . Areva a ainsi lancé une première procédure devant un tribunal arbitral. Cela va prendre du temps, d’autant que chaque intervenant accuse l’autre d’être responsable. Martin Bouygues, dont le groupe est en charge de la construction d’une partie de ll’OL3, a indiqué hier qu’à sa connaissance « le génie civil n’est en aucune façon la raison du retard mentionné par la presse. Areva n’a d’ailleurs pas reproché à Bouygues d’être la cause d’un retard ». Ce n’est pas ce que semble penser le nucléariste français. La tension est vive entre Bouygues et Areva. Le premier, qui détient 30 % d’Alstom, a tout fait pour marier ce dernier au nucléariste. Une option qui a eu un temps la faveur de l’Élysée mais jamais celle d’Anne Lauvergeon. Mais la menace semble s’éloigner. En attendant, si pour Areva il n’y a pas d’urgence à trouver de l’argent frais pour financer sa croissance, le groupe espère tout de même être rapidement fixé sur son sort. Il attend notamment une autorisation de l’État pour l’ouverture de son capital.

Reste que ces batailles idéologiques ne doivent pas faire oublier une chose : l’EPR finlandais coûtera 4,5 milliards d’euros alors qu’il était attendu à 3 milliards. Outre les retards, la flambée des prix des matières premières et de l’énergie a renchéri le projet. À l’avenir, il sera difficile de s’offrir un EPR à moins de 4 milliards d’euros.

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