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Un article de Paul Cecconi paru dans le Figaro daté du 11 avril 2005

Au Royaume-Uni, le salarié a le « droit » de travailler autant qu’il veut

lundi 11 avril 2005 par Paul Cecconi

Pour les chefs d’entreprise et les organisations patronales, c’est un instrument qui favorise la flexibilité de l’économie. Pour les syndicats, c’est une clause dont abusent les entreprises au détriment de leurs salariés.

L’opt-out (littéralement « refuser de »), la disposition qui permet aux salariés britanniques de travailler, s’ils le souhaitent, plus que les 48 heures hebdomadaires légales, est l’objet d’un intense débat en Grande-Bretagne.

Depuis que la Commission européenne a engagé en septembre dernier une révision de sa directive sur le temps de travail pour, selon ses propres termes, « contrer les échappatoires britanniques », tous les regards sont tournés vers Bruxelles.

Depuis son réaménagement en 1998, la loi sur le temps de travail fixe à 48 heures la durée hebdomadaire maximale de travail pour les salariés britanniques. Toutefois, cette limite peut être dépassée si les salariés en font le choix, en signant la fameuse clause dite d’ opt-out. Cette clause peut être révoquée à tout moment par le salarié, à condition d’observer le préavis stipulé dans le contrat de travail, en général trois mois. « Il est crucial pour l’économie britannique que cette clause soit préservée », explique un porte-parole de la Conféderation britannique de l’industrie, la principale organisation patronale. « Pour les entreprises, grandes ou petites, c’est un gage de flexibilité qui leur permet d’adapter sa main-d’oeuvre à la demande. »

En 2004, quelque 3,6 millions de salariés britanniques, soit 17% de la population active, travaillaient plus de 48 heures par semaine après avoir choisi le fameux opt-out. « Ce chiffre a sensiblement reculé depuis 1998 où il était de 4,1 millions », se félicite Paul Sellers, conseiller auprès du TUC, la principale organisation syndicale de Grande-Bretagne. « Mais, ajoute-il aussitôt, les Britanniques travaillent beaucoup plus que leurs voisins européens car les entreprises abusent de cette clause. »

Selon le TUC, deux tiers des employés qui travaillent plus de 48 heures par semaine n’ont pas réellement choisi de le faire. « Quand on vous offre un travail, explique Paul Sellers, vous n’êtes pas en position de négocier : ce chantage à l’emploi est très fréquent dans le secteur des mines (41% des salariés y travaillent plus que les 48 heures légales), de l’agriculture (29%) ou du BTP (26%) ».

Les organisations syndicales - elles ne représentent que 3 salariés sur 10 et ne sont pas en position de force pour négocier des conventions collectives - estiment que l’ opt-out met en danger les salariés. « La question de la santé et de la sécurité est un faux argument, leur répond-on au CBI. Si un salarié veut travailler plus de 48 heures, car il aime son travail et veut gagner plus, il doit avoir le droit de le faire. Les syndicats ou Bruxelles n’ont rien à voir là-dedans. »

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