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un article de O. C. et A.-L. J.publié dans LE Figaro le 14 décembre 2005

Autoroutes : l’Etat officialise la liste des repreneurs

mercredi 14 décembre 2005 par Anne-Laure Julien
Bercy a rendu publique mardi matin sa décision de vendre la société des Autoroutes du Sud de la France au groupe français de construction Vinci. La Sanef ira au groupe espagnol Abertis et APRR au tandem franco-australien Eiffage-Macquarie. L’opération va rapporter environ 14,5 milliards d’euros à l’Etat.

APRÈS cinq mois d’un processus mouvementé, la vente par le gouvernement français des trois principales sociétés d’autoroutes françaises touche à sa fin. Le tiercé gagnant est le suivant : la gestion et l’exploitation des Autoroutes du Sud de la France (ASF) vont être confiées au groupe de BTP Vinci ; celles des Autoroutes du Nord et de l’Est (Sanef) reviendront au concessionnaire espagnol Abertis, associé à des grands investisseurs institutionnels français (Axa, Predica, Caisse des dépôts, famille Peugeot) ; le réseau Paris Rhin Rhône (APRR) va quant à lui échoir au tandem formé par le groupe Eiffage et le fonds d’investissement australien Macquarie. Cette cession devrait rapporter à l’Etat environ 14,5 milliards d’euros, un montant inespéré il y a encore quelques mois. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle Bercy souhaitait communiquer le nom des vainqueurs le jour où Michel Pébereau remet son rapport sur la dette française, même si le fruit de la vente des autoroutes ne représente qu’« une goutte d’eau dans l’océan de l’endettement », comme le déclarait récemment le ministre des Finances, Thierry Breton.

Compétition serrée sur APRR

Jusqu’au dernier moment, le suspense est resté entier sur le choix des candidats. Hier après-midi, la Commission des participations et des transferts de l’Etat (CPT) a reçu les membres du Trésor pour les derniers ajustements et la décision finale. S’agissant des ASF, le suspense était inexistant puisque Vinci, qui détient déjà 23% du capital, était le seul candidat en lice. Concernant Sanef, le projet d’Abertis était depuis un certain temps déjà considéré comme le meilleur. Le seul cas épineux concernait APRR et n’a d’ailleurs été réglé qu’hier, tard dans la soirée. Et pour cause : l’espagnol Cintra offrait le meilleur prix, mais Eiffage-Macquarie avaient la préférence de Bercy, tandis que le management d’APRR soutenait l’alliance entre l’italien Autostrade et la Caisse des dépôts. Le choix d’Eiffage risque dans ces conditions de provoquer des contestations. Dans une lettre adressée le 12 décembre aux banques qui conseillent le gouvernement, et rendue publique par l’agence Reuters, Cintra exprime son inquiétude sur l’impartialité du processus. Le concessionnaire espagnol se demande si l’absence de partenaires français dans son tour de table n’est pas de nature à le disqualifier, alors qu’on lui a assuré le contraire durant tout le processus.

Spéculation depuis six mois

A la Bourse de Paris, où les trois sociétés d’autoroutes sont cotées, les investisseurs attendent maintenant que des OPA soient lancées, comme la réglementation l’impose lors d’un changement de contrôle. D’ailleurs, depuis six mois, la spéculation bat son plein. L’action Sanef, introduite au printemps dernier, s’est envolée de 40%, tandis que, de son côté, le titre APRR s’est adjugé 36%. Enfin, dans une moindre mesure, les ASF ont vu leur cours progresser de 13% sur la même période.

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