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Isabelle LESNIAK. | Ouest France le 21.09.2007

Aux États-Unis, la retraite devient un luxe

vendredi 21 septembre 2007 par Isabelle LESNIAK
Pensions trop faibles, soins médicaux trop élevés... Les Américains sont obligés de travaillerde plus en plus tard pour subvenir à leurs besoins.

NEW YORK (de notre correspondante). - À 70 ans, Eileen Masters fait partie de ceux qui aimeraient, mais ne peuvent pas raccrocher... Pour des raisons financières, elle travaille encore à plein temps comme adjointe du proviseur de l’école privée Saint Pius de Bowie (Maryland).

Un poste « agréable », mais « extrêmement prenant » : « Il y a beaucoup de réunions qui se terminent tard et je fais régulièrement des journées de 6 h 30 à 21 h, regrette Eileen. Cela me laisse peu de temps pour m’occuper de mes petits-enfants. » Comme beaucoup, la grand-mère active avait plutôt imaginé ses vieux jours à voyager ou profiter de sa famille. « Je n’aurais jamais cru que je devrais travailler aussi longtemps. Et je ne le ferais sûrement pas si ma vie avait été moins agitée. »

Après le départ de son mari, Eileen Masters s’est retrouvée à s’occuper seule de ses quatre enfants. L’un de ses fils a récemment dû s’arrêter de travailler pour des raisons de santé. « Il n’a pas d’assurance-maladie et c’est moi qui prends ses frais en charge. Et puis je viens d’acheter une maison dont les remboursements sont élevés. » Après 33 ans de bons et loyaux services pour le même « patron » (l’archevêché de Washington DC), Eileen aurait eu droit, dès 62 ans, à une pension d’État, complétée par une allocation de son employeur. « Mais cela ne permettrait pas de joindre les deux bouts », soupire-t-elle. Et de se consoler en se disant « qu’elle n’est pas la seule ».

Car, comme Eileen, de plus en plus d’Américains vont devoir faire contre mauvaise fortune bon coeur dans un proche avenir. Selon une enquête de l’AARP (l’influente association des retraités), 80 % des baby-boomers sont conscients qu’ils devront travailler plus longtemps pour financer leur retraite. Entre 1998 et 2003, le nombre de ceux qui pensent avoir assez de moyens pour se payer le luxe d’une retraite est tombé de 41 % à 31 %


Près d’un quart des 65-74 ans encore au travail

Aux États-Unis, les seniors sont de plus en plus nombreux à différer leur départ en retraite. Ce sont les résultats d’une étude du Bureau de recensement américain. Faute d’allocations suffisantes pour maintenir un certain niveau de vie et faute de moyens pour faire face à des frais médicaux qu’ils doivent souvent payer de leur poche, les Américains retardent au maximum l’arrêt de leur activité. Fin 2006, 23,2 % des 65-74 ans faisaient encore partie de la population active au niveau national. Une augmentation de 50 % par rapport au début des années 1990, quand les seniors étaient victimes de licenciements massifs. Leur taux actuel de participation est plus élevé encore dans certaines grandes villes comme Washington (31,8 %), Boston (28,1 %) ou Dallas (27,9 %) où le coût de la vie est devenu trop cher pour un retraité.

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