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Avenir d’AREVA et du CEA : les salariés ont le droit de savoir !

lundi 12 novembre 2007 par CGT AREVA

La CGT s’interroge : Quelles sortes de décisions doivent être prises d’ici la fin de l’année concernant AREVA ?

Quel « jeu politico-économique » joue donc la Direction du CEA ?

Lors du Comité National du 24 octobre 2007, la CGT a fait la déclaration suivante :

Le personnel et ses représentants doivent-ils parcourir quotidiennement la presse pour être informés sur leur sort et celui de leur entreprise ?

C’est la question qu’on est en droit de se poser dans la situation présente :

 Où le journal les échos révèle le contenu d’une note de l’Administrateur Général sur les différents scénarios d’ouverture du capital d’Aréva, note qui semble être directement téléguidée par la présidence de la République.  Où un mois et demi après, le magasine l’Express sous le titre « CEA le Mécano élyséen » fait état de réflexions du président de la République sur la réorganisation du CEA, le transfert à Aréva privatisée de la partie recherche nucléaire du CEA, ainsi que la sortie de la DAM du CEA.

Parallèlement que se prépare t-il avec la Direction Générale de l’Armement ? La Direction refuse de nous informer !

Tout se passe dans l’ombre sans débat sans information des instances.

Il en va de même en ce qui concerne l’accord CEA-SUEZ signé sans plus de concertation au moment où cette même présidence relance le projet de fusion GDF-Suez.

Qu’en est-il de cet accord qui prévoit que le CEA mette ses sites à disposition de Suez pour la réalisation d’installations nucléaires et prévoit de livrer nos connaissances y compris sur la 4ème génération ?

Nous ne pouvons pas croire que tout cela est le fruit du hasard. Dans le même temps, le paysage de la recherche française est en plein bouleversement. De toute évidence pendant qu’on nous amuse sur des sujets secondaires, des plans d’envergure sont en préparation.

La CGT-> mot 13] exige la transparence et demande une information complète des représentants du personnel au Conseil d’Administration et au Comité National sur les projets de toute nature qui touchent Aréva et le CEA.

L’Administrateur Général du CEA a refusé de communiquer sa note sur l’ouverture du capital d’Areva mais a été contraint de convoquer un Comité National extraordinaire. Il se tiendra le 21 novembre 2007. Les élus du Comité National envisagent de faire appel à un expert.

Lors du Comité National du 24 octobre, l’AG s’est défendu d’être le poisson pilote de quiconque. Il déplore la publication du contenu de cette note confidentielle. Il a jugé nécessaire de s’exprimer de manière objective sur l’ouverture du capital d’Areva afin de répondre aux nombreuses sollicitations de banques d’affaires.

Une note confidentielle, curieuse façon pour s’exprimer !

Cette note va dans le sens du pouvoir en place qui n’a pour ambition que la marchandisation de toute l’activité humaine y compris le nucléaire ce qui ouvre les appétits des requins de la finance tels que Bouygues et consort.

Que penser de cet accord CEA-SUEZ qui prévoit de livrer toute la connaissance du CEA à un opérateur privé à qui "on" demande de se spécialiser dans le domaine de l’énergie, au moment où "on" relance le projet de fusion GDF-SUEZ dont l’un des buts est de concurrencer EDF ?

Le CEA joue un jeu dangereux en allant dans ce sens.

La CGT, au niveau confédéral, a demandé une audience à la ministre de l’Economie.

Le journal Les Echos du 29/10 (encore la presse) évoque un projet du ministère de la Recherche sur une sortie possible de la DSV (Direction des Sciences du Vivant) du CEA par regroupement de plusieurs organismes de recherche. Interrogé sur une telle éventualité au Comité National du 24/10, l’AG a garanti un solide ancrage de la DSV au CEA.

"On" n’a sans doute rien demandé à l’Administrateur Général du CEA qui a su trouver lui même le chemin de l’allégeance. C’est une habitude au CEA, chacun se souvient du mutisme imposé à l’ensemble du personnel par l’Administrateur Général de l’époque, lors de l’abandon de Superphénix qui fait aujourd’hui tant défaut pour le développement de la 4ème génération.

L’exemple d’EADS montre qu’on doit être sans illusion sur les dirigeants des entreprises. Ce qu’attend le personnel ce n’est bien évidemment pas qu’on lui donne des illusions mais ce n’est pas davantage qu’on brade, même si l’AG s’en défend, le potentiel accumulé pendant des décennies et financé par la Nation.

Pour la CGT ce jeu de monopoly d’obédience politique n’a pas lieu d’être. Avec les trois entreprises publiques CEA, AREVA, EDF, la France dispose dans le nucléaire d’atouts de premier ordre sur lesquels elle doit s’appuyer pour préparer l’avenir énergétique et non les livrer au secteur privé.

Les relations AREVA et EDF doivent être refondées sur de nouvelles bases tenant compte des facteurs de succès du programme nucléaire français et des enjeux de l’internationalisation du marché de l’énergie.

Pour cela, la CGT estime nécessaire de conserver l’architecture prévalant dans les réalisations en France mettant EDF en position d’architecte ensemblier et de renforcer considérablement les liens entre AREVA et EDF à travers la création d’un Groupement d’Intérêt Economique (GIE) s’appuyant sur l’organisme de recherche qu’est le CEA, même si les activités de ce dernier ne peuvent être exclusives.

Le CEA semble aujourd’hui entrer dans les turbulences du marché. Les syndicats sont unis pour affronter la tourmente. Sans le personnel, cette résistance risque fort d’être vaine.

La CGT appelle le personnel à s’informer, débattre, agir pour la défense de l’intégrité du CEA. Le Comité National extraordinaire est convoqué le 21 novembre.

La veille, le 20 novembre, dans la fonction publique, dans de nombreuses entreprises des actions sont en préparation pour l’emploi, les salaires, les acquis sociaux. La CGT met en débat la mobilisation du personnel du CEA sur ces mêmes bases, qui concernent l’ensemble du monde du travail et propose d’y ajouter la défense de l’intégrité du CEA et la création d’un pôle public de l’énergie de la recherche à la production.


Le Secrétaire du Comité National a donné lecture d’une déclaration intersyndicale demandant la tenue rapide d’un Comité National extraordinaire sur l’ouverture du capital d’AREVA et l’évolution du CEA qui en découlerait.

CFDT - CFE/CGC - CFTC - CGT - CGT/FO - SPAEN/UNSA

Déclaration intersyndicale pour le Comité National du 24 octobre 2007

Monsieur l’Administrateur Général, Les salariés ne cessent d’apprendre par la presse des informations concernant le devenir du CEA et de sa filiale AREVA. Les salariés s’interrogent quant à leur avenir professionnel. Les élus, par la voix de leur secrétaire ont demandé à être informés sur vos propositions de différents scénarii d’ouverture du capital d’AREVA qu’ils ont découverts dans les journaux.

Vous avez refusé qu’un tel point soit mis à l’ordre du jour.

Vous devez savoir que le comité national, conformément au décret de 1985 a les mêmes prérogatives qu’un CE. En particulier s’applique l’article L432-1 du code du travail.

Nous vous demandons de nous communiquer votre document commenté par la presse et de convoquer dans les quinze jours un comité national extraordinaire sur l’ouverture du capital d’AREVA et l’évolution du CEA. Faute d’une réponse positive les élus engageraient à votre encontre des poursuites pour entrave au fonctionnement du comité national.

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