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Pierre-Henri Lab | L’Humanité le 29.01.2009

Avis de tempête dans l’énergie

jeudi 29 janvier 2009 par Pierre-Henri Lab
Salaires, emploi et service public, la colère des électriciens et gaziers devrait déboucher sur une forte mobilisation.

Les fédérations de l’énergie (CGT, CFDT, FO, CFE-CGC et CFTC) s’attendent à une très forte mobilisation dans les industries électriques et gazières. Les salariés mobilisés pour rétablir le courant aux sinistrés de la tempête dans le Sud-Ouest ne feront cependant pas grève mais participeront à la journée d’action en signant une pétition initiée par la CGT ou en affichant des banderoles revendicatives sur les véhicules d’intervention, ont précisé, hier au cours d’une conférence de presse commune, les cinq syndicats, avant de se faire les relais de « l’exaspération » des salariés des 150 entreprises de la branche.

Exaspération face à « un dialogue social au point mort » selon Maurice Marion, porte-parole de la CGT. Les syndicats unanimes accusent en effet le patronat de refuser d’engager des négociations « sérieuses » sur les salaires. « Il nous propose 0,8 % au titre de 2008 alors que l’inflation a atteint 1,2 %. Pour 2009, il n’est question que de 0,2 % », explique Jean-Claude Pelofy, président de la CFE-CGC, tandis que Dominique Villers de la CFTC précise que chaque année « les agents perdent entre 0,2 % et 0, 3 % par rapport à l’inflation ». Cette rigueur salariale est d’autant plus « inacceptable » qu’elle épargne les salaires des dirigeants et la rémunération des actionnaires. Prenant l’exemple d’EDF ou une hausse de 10 % des salaires n’équivaudrait qu’à 20 % des dividendes versés en 2008, Maurice Marion plaide en faveur d’un nouveau partage de la valeur ajoutée qui redonne la priorité au travail au détriment du capital. « Nous disons chiche au nouveau secrétaire général de l’UMP Xavier Bertrand quand il évoque une nouvelle répartition des richesses », ironise le syndicaliste.

Mot d’ordre interconfédéral, l’emploi occupe aussi une place de choix dans les revendications des électriciens et gaziers. Les syndicats chiffrent à 1 600 le nombre d’emplois supprimés en 2008 par le jeu du non-remplacement des départs en retraite. Conséquence « les conditions de travail ne cessent de se dégrader et la qualité du service rendu aux usagers emprunte le même chemin », insiste Marie-Hélène Gourdin, secrétaire fédérale de la CFDT qui précise que le sous-effectif conduit aujourd’hui les directions à remettre en cause les 35 heures en tentant d’imposer un allongement de la durée légale quotidienne de travail à 12 heures. En matière de dégradation du service, Max Royer, secrétaire général de FO, cite l’exemple du « délai de raccordement d’un logement au réseau électrique qui ne cesse de s’allonger », tandis que Maurice Marion pointe les conséquences de cette politique sur la capacité de réaction d’EDF face à la tempête. Le syndicaliste dénonce également le sous-investissement notamment dans la maintenance qui fragilise l’état du réseau.

Les électriciens et gaziers en ont « ras le bol ». Et les syndicalistes unanimes d’affirmer que, s’il est agréable que soit reconnu le dévouement dont ils font preuve pour venir en aide aux sinistrés de la tempête, il est plus qu’urgent de le reconnaître en ouvrant de véritables négociations.

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