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Un article de Rémi Barroux paru dans Le Monde daté du 2 aout 2005

Bailleurs et banques se méfient des salariés en période d’essai

mardi 2 août 2005 par Rémi Barroux

Pendant les deux premières années du contrat nouvelles embauches, l’employeur peut licencier un salarié sans justification. Si l’on peut raisonnablement penser qu’un salarié sous ce type de contrat sera mieux loti qu’un chômeur pour louer un logement ou emprunter de l’argent, les choses ne seront pas simples pour autant.

Le salarié muni de ce contrrat va devoir convaincre banques, organismes de crédits et bailleurs, qui ne prisent pas ce qui ressemble, de près ou de loin, à un emploi précaire.

"Les agences immobilières se méfient , témoigne Michel Gabaude, président de l’Asseco-CFDT (association nationale de consommateurs agréée) de Béziers (Hérault). Elles regardent systématiquement la garantie locative, le cautionnement éventuel et le type de contrat de travail." Nicole, employée en contrat emploi solidarité (CES) par cette association, peut témoigner des difficultés rencontrées pour se loger. "Heureusement , raconte cette femme d’une cinquantaine d’années, j’avais une personne pour m’apporter une seconde caution en plus de celle du Locapass (accordée dans le cadre du 1 % logement). L’agence faisait barrage en disant que quand le contrat de travail est précaire, on ne sait pas si dans un an vous serez encore salarié ou si votre contrat sera renouvelé."

Les règles sont assez strictes et les bailleurs ne supportent pas l’incertitude. René Pallincourt, président de la Fédération nationale de l’immobilier (Fnaim) confirme : "Il ne faut pas que la personne soit salariée depuis à peine quinze jours dans son entreprise, cela signifie qu’elle est en période d’essai et donc vulnérable." Et il ajoute : "Le contrat nouvelles embauches peut poser des difficultés : d’un côté, le propriétaire s’engage pour un bail de trois ans, et de l’autre, l’employeur qui doit garantir au salarié le revenu mensuel qui lui permet de se loger, ne s’engage pas pendant deux ans."

Même analyse du côté des assureurs. "Si le locataire est en période d’essai ou en préavis, il ne peut pas être garanti", indique Alain Ledemay, de la compagnie CGI-Assurances. Ces conditions figurent en toutes lettres dans le contrat Versalis de CGI-Assurances, filiale de la Caisse de garantie de l’immobilier FNAIM.

De leur côté, les banques qui assurent bien souvent les prêts pour l’immobilier ou l’achat d’une voiture, confirment cette recherche de sécurité dès lors qu’il s’agit de signer un contrat. "Nous avons consigné d’attendre la fin d’une période d’essai de trois mois, voire de six mois pour un cadre" , explique Philippe Stoltz, responsable du crédit à l’habitat pour la BNP-Paribas. De son côté, Marie-Christine Caffet, en charge des métiers et des marchés au Crédit mutuel, nuance. Selon elle, "le problème principal pour les banques n’est pas de prêter à un particulier en contrat précaire, mais que celui-ci ne retrouve pas rapidement du travail s’il sort de l’emploi" .

"Quand on sait que la personne est plus vulnérable, en CDD (contrat à durée déterminée) par exemple, explique Edouard Delmon de la Fédération bancaire française (FBF), on s’arrange pour que les échéances mensuelles du prêt soient moins importantes afin qu’elle puisse y faire face." Certaines banques réfléchissent à l’évolution du marché du travail et de ses formes de contrats. Ainsi le Crédit immobilier de France a signé, en juin, un accord avec le Fonds d’action sociale du travail temporaire, pour "faciliter l’accès des intérimaires à des solutions de financement de leurs projets immobiliers" .

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