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une dépèche AFP parue sur lemonde.fr le 27 septembre 2005

Baisser les allocations chômage les plus élevées pour réduire le déficit de l’Unedic

mardi 27 septembre 2005

Le conseil de l’emploi, des revenus et de la cohésion sociale (CERC) a suggéré dans un pré-rapport une baisse des allocations des chômeurs les mieux indemnisés pour réduire le déficit de l’Unedic. Le conseil estime qu’une baisse du plafond concernerait peu de monde, au regard du "gain important" qu’il rapporterait à l’Unedic.

Le CERC, présidé par Jacques Delors, a calculé qu’une réduction du plafond maximal de l’allocation à 1 500 euros mensuels concernerait 14,6 % des allocataires et entraînerait un gain pour l’Unedic de 2,75 milliards d’euros par an. Si le plafond était fixé à 1 800 euros, le gain serait d’environ 2 milliards d’euros et 8 % seulement des allocataires seraient concernés.

Demandé par Matignon en juillet 2004, le pré-rapport dresse un tableau comparatif de l’accompagnement des chômeurs en Europe et donne des pistes de réformes pour la France, à quelques semaines de l’ouverture de négociations sur de nouvelles règles d’indemnisation. C’est en France que le montant mensuel maximum de l’allocation est le plus élevé (5 126,85 euros pour un salaire plafonné à 10 064 euros par mois), note le CERC, près de cinq fois supérieur à celui en vigueur en Belgique, Espagne ou Italie, de deux à trois fois supérieur à celui en vigueur en Allemagne, au Danemark ou en Suède. En décembre 2004, le montant moyen de l’allocation chômage en France atteignait 1 002 euros, mais la moitié des demandeurs d’emploi indemnisés touchent moins de 853 euros.

"LES CLASSES MOYENNES UNE NOUVELLE FOIS ATTAQUÉES"

Cependant, les syndicats rappellent que les chômeurs qui reçoivent des allocations élevées sont ceux qui ont beaucoup cotisé quand ils avaient un emploi, les cotisations étant proportionnelles au salaire. "Un cadre qui reçoit 5 127 euros cotise à hauteur de 644 euros par mois, alors qu’un salarié au smic cotise à hauteur de 78 euros", a ainsi souligné la CFE-CGC, qui juge "scandaleuse" la suggestion du CERC. "Les classes moyennes sont une nouvelle fois attaquées", a déploré la confédération des cadres. La CGT n’est pas contre une baisse du plafond, mais "à condition que le bénéfice aille vers les primo-demandeurs d’emploi, car le véritable problème, ce sont les jeunes qui entrent dans la vie active", a déclaré Maurad Rabhi.

Le CERC a aussi étudié l’impact sur le retour à l’emploi de la dégressivité des allocations, supprimée en France en 2001 et dont le rétablissement est souhaité par le Medef. S’appuyant sur plusieurs études, il estime que la suppression de la dégressivité a un effet sur l’allongement de la durée du chômage, surtout chez les chômeurs les mieux indemnisés. Le rapport constate toutefois qu’aucun pays européen n’a mis en place une allocation dégressive.

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