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Un article de Antoine Jacob paru dans Le Monde du 5 avril 2006

Berlin décide de lancer une nouvelle stratégie énergétique

mercredi 5 avril 2006 par Antoine Jacob

Tout le monde est d’accord en Allemagne, il faut réduire la dépendance énergétique du pays. Mais comment y parvenir alors que la plus grande économie européenne doit importer plus de 60 % de ses besoins dans ce domaine ? La question était au centre d’une réunion, lundi 3 avril à Berlin, entre membres du gouvernement, producteurs d’énergie, scientifiques et experts en environnement.

30 % D’ÉLECTRICITÉ NUCLÉAIRE

L’objectif de ce sommet, dont l’idée avait été lancée à l’été 2005 par la chrétienne-démocrate Angela Merkel, entre-temps élue chancelière, est de définir une stratégie allant jusqu’à 2020.

Non seulement il n’existe pas de réponse facile à cette question, mais le contexte politique complique encore les choses. La coalition au pouvoir est profondément divisée sur le dossier de l’atome. Le Parti social-démocrate tient à maintenir l’accord, trouvé du temps où le SPD dirigeait le pays avec les Verts sur la sortie progressive du nucléaire d’ici à 2020. Les Unions chrétiennes (CDU-CSU) sont favorables à une remise en cause de cet accord, estimant que les données ont changé depuis sa conclusion il y a cinq ans.

Officiellement, ce thème ne devait pas être évoqué lors de la réunion de lundi. Le SPD, et en particulier Sigmar Gabriel, le ministre de l’environnement, y tenait. Mais comment éviter un tel sujet lorsqu’on veut définir une stratégie nationale à long terme ? "Il ne doit pas y avoir de tabou", avait averti Mme Merkel avant la rencontre. Les participants ont donc inévitablement évoqué la fermeture des 17 centrales nucléaires et ses conséquences, alors qu’elles produisent près de 30 % de l’électricité. "Nous allons encore en discuter dans les prochains mois, je présume avec des controverses", a glissé la chancelière, de vert vêtue, à la sortie de la réunion.

Mme Merkel et le lobby pronucléaire ne désespèrent pas de convaincre le SPD de revenir sur ses positions d’ici à la fin 2007, date à laquelle le nouveau concept énergétique allemand doit être défini. Certains sociaux-démocrates ne sont pas insensibles à leurs arguments, tel Wolfgang Clement, l’ancien ministre de l’économie. Le cas échéant, la chancelière table sur sa réélection, sans le SPD, aux élections législatives de 2009 pour maintenir les centrales en exercice au-delà de la date prévue, voire en construire de nouvelles.

En attendant, la réunion de lundi a abouti à des promesses d’investissements de la part des entreprises présentes, dont le quatuor leader en Allemagne (E.ON, RWE, EnBW et Vattenfall Europe). Plus de 30 milliards d’euros seront consacrés d’ici à 2012 à la construction de nouvelles centrales électriques et aux réseaux de distribution. Entre 33 et 40 milliards d’investissements sont attendus dans le domaine des énergies renouvelables. Et le gouvernement compte débloquer 2 milliards de plus que prévu pour la recherche liée à l’énergie durant la législature en cours. Une nouvelle réunion est prévue en septembre pour faire le point et entendre les conclusions de trois groupes d’experts mis en place lundi.

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