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Un article paru d’Emanuelle Quemard dans La Provence du 14 septembre 2005

Bernard Thibault motive ses troupes aux portes de Nestlé

mercredi 14 septembre 2005 par Emanuelle Quemard

En meeting à Marseille, le leader de la CGT , tirant à boulets rouges contre la politique du gouvernement, a invité les militants à se mobiliser fortement lors de la journée d’action du 4 octobre

Comme un boxeur que l’on accompagne sur le ring ; Bernard Thibault , chemise jaune et pantalon noir, une bouteille d’eau à la main, traverse l’usine Nestlé entouré du service d’ordre de la CGT choisissant symboliquement ce fleuron de l’industrie agro-alimentaire menacé de fermeture pour tenir l’un des neuf meeting de rentrée de la confédération. Le secrétaire général de la CGT s’est exprimé pendant plus d’une demi-heure devant des centaines de militants venus de la région PACA mais aussi du Gard et de l’Hérault. Avac lui, sur la scène, la secrétaire générale de l’Union Départementale des Bouches du Rhône, Mireille Chessa, mais aussi des hommes et des femmes , qui chacun dans leur entreprise sont confrontés à des problèmes d’emploi.

« Les salariés ne sont pas résignés au schéma du chaos », affirme le leader de la CGT, fustigeant l’attitude de multinationales comme Nestlé ou Hewlett Packard, qui entraîne des « catastrophes humaines et économiques » . dénonçant la politique économique et sociale du gouvernement, notamment le « contrat nouvelle embauche » Bernard Thibault ne s’est pas privé de mettre dans le même sac le premier ministre, dominique de Villepin, et son ministre de l’intérieur , Nicolas Sarkosy . « Ils sont d’accord sur les objectifs, » ironise le n°1 de la CGT,« seule la méthode diffère ». Egalement dans la ligne de mire du syndicaliste, la nouvelle présidente du Médef, Laurence Parizot , dont Bernard Thibault s’est plu à railler la volonté de « réenchanter » le monde de l’entreprise. Appelant fortement le patronat à « négocier pour répondre aux aspirations des salariés » le secrétaire général de la CGT a dans le même temps invité ses troupes et au-delà les non syndiqués à se mobiliser en masse le 4 octobre prochain.

Plus de 700.000 adhérents

« En juin, la CGT qui avait appelé seule à une manifestation avait été accusée de faire un procès d’intention au gouvernement. Mais aujourd’hui, les décisions ou les non -décisions s’aggravent, » dénonce t’il. « Pour changer la situation cela dépend de vous. » Ne se risquant pas à donner un quelconque chiffre de participation, -« L’action collective ne se décrète pas, elle s’organise » - Bernard thibault assure , toutefois, qu’en l’absence de réponse du gouvernement, la CGT continuera son action revendicative, unitairement si cela est possible.

Abordant la préparation du 48 eme congrès de la CGT en avril 2006 à Lille, Bernard Thibault n’a pas fait l’impasse sur la question de la démocratie interne. « La préparation du congrès est un moment de débat intense dans l’organisation » a t’il reconnu, annonçant une consultation inédite de tous les syndiqués, un millier de rencontre à travers tous le pays et une série de forums. Se félicitant d’avoir dépassé la barre des 700.000 adhésions, le leader cégétiste a néamoins reconnu que l’objectif de 1 million était encore loin.


Un mois pour trouver un repreneur, c’est peu

Les 427 salariés de l’usine Nestlé de Saint Mené croisent les doigts. Après la reprise de la production le 1er septembre et la tenue d’une table ronde en préfecture à la demande du premier ministre , Dominique de Villepin, le 5 septembre, ils attendent aujourd’hui « des réponses précises aux questions qu’ils se posent sur l’avenir du site et leurs emplois »

Jacques Pfister, président de la CCI Marseille Provence, doit, en effet, annoncer si les conditions sont réunies pour trouver un repreneur.

« Au moment où l’on crée un contrat nouvelle embauche avec une période d’essai de 2 ans, il est paradoxal de ne laisser qu’un mois pour trouver un repreneur potentiel à une usine comme celle là, » déplore Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT. « Nous ne nous laisserons pas enfermer dans des délais trop courts si tout n’a pas été fait pour maintenir les emplois et l’activité »

« nous ne sommes pas d’un enthousiasme béat » reconnaît Joël Budanic, élu CGT au comité central d’entreprise Nestlé France. « nous voulons prouver que l’intersyndicale CGT CGC est un acteur incontournable et constructif. Cette usine a beaucoup d’atouts et 30 jours c’est peu pour décider de la pérénité de nos emplois.

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