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Un Article de Rémi Barroux et Michel Samson paru dans Le Monde du 30.09.05

Bernard Thibault rejette la responsabilité de la grève sur le gouvernement

vendredi 30 septembre 2005 par Rémi Barroux, Michel Samson

e gouvernement s’apprête à revoir sa copie dans le dossier SNCM, a estimé le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, à la sortie de son entrevue avec le premier ministre, Dominique de Villepin, mercredi 28 septembre. "Le premier ministre m’a clairement indiqué que l’Etat resterait présent, et même très présent dans l’entreprise, mais que des contraintes européennes l’empêchaient d’être à la hauteur de ce qu’il souhaitait" , a expliqué au Monde M. Thibault. "Reste à savoir à quelle hauteur et pour quelles responsabilités" , ajoutait-il.

C’est à sa demande que M. Thibault a été reçu mercredi, en début de soirée, par le premier ministre. Au menu, une seule question, le conflit de la SNCM et sa dernière évolution spectaculaire avec la prise d’assaut par le GIGN, mercredi matin, du Pascal-Paoli , le bateau détourné vers la Corse par des marins du Syndicat des travailleurs corses (STC).

"La responsabilité du gouvernement dans ces événements est pleine et entière" , a expliqué au premier ministre M. Thibault. "On a traité les salariés comme moins que rien. De là à considérer que le gouvernement a voulu délibérément l’épreuve de force..." , s’interroge celui qui n’a "aucune gêne à justifier la colère des marins".

"CONTRE LA PRIVATISATION"

Pour la direction de la CGT, le durcissement de ce conflit, qui en rappelle d’autres (Moulinex ou Cellatex) est à mettre au compte d’un dialogue social en panne et de la surdité du gouvernement. Maurad Rabhi, secrétaire confédéral et ex-animateur du conflit Cellatex ­ durant lequel, en juillet 2000, les salariés menaçaient de faire sauter leur usine ­, explique : "Je ne vais pas critiquer les copains de la SNCM, ils n’ont pas tué, il y a des patrons autrement condamnables, ceux qui démontent illégalement leur entreprise par exemple." Pour le jeune dirigeant de la CGT, "si on fait des tables rondes sans écouter les gens, il ne faut pas s’étonner qu’ils pètent les plombs" .

Pour autant, si la solidarité intersyndicale est affichée, l’offensive du STC n’est pas forcément du goût de la CGT, premier syndicat à la SNCM et au port de Marseille. "Il y a une tentative de "corsiser" le conflit alors qu’il s’agit d’une lutte contre une privatisation" , indique ainsi un dirigeant confédéral. Et parmi les responsables des marins cégétistes, certains regrettent : "Ils ont fait cela sans tenir compte de nous. C’est inquiétant car cela occulte le fond de la question : la privatisation de la SNCM." De fait, le STC a clairement dit sa volonté de récupérer un élément du "patrimoine corse" . Le syndicat continue de militer pour une régionalisation de la compagnie et de faire pression pour qu’elle passe sous le contrôle, même partiel, des autorités politiques corses.

Le différend entre les deux organisations n’est pas récent. Déjà, en septembre 2004, à l’occasion d’un conflit à la SNCM mené par le STC pour la "corsisation des emplois" et se concluant par un accord avec la direction de la compagnie pour l’embauche prioritaire de "résidants corses" , la CGT s’était opposée à cette discrimination. Aujourd’hui, la divergence reste. "Nous n’avons pas la même vision de l’entreprise, de sa vocation et de sa mission, explique ainsi M. Thibault. La régionalisation de la compagnie est une revendication connue du STC, ce n’est pas notre orientation."

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