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Un article de Laure NOUALHAT paru dans Libération du 8 juin 2006

Biocarburants, en route pour 2010

jeudi 8 juin 2006 par Laure NOUALHAT

Le gouvernement veut booster son plan Biocarburants. C’est peut-être la raison pour laquelle Thierry Breton a fait appel à Alain Prost, hier, pour piloter le groupe de travail sur les carburants flex-fuel. Objectif : permettre aux automobilistes français de choisir, dès 2010, des véhicules roulant à l’essence ou au bioéthanol, et « réduire la dépendance énergétique de la France ». Le flex-fuel, qui répond au nom de code E85, est un carburant qui mélange jusqu’à 85 % d’éthanol dans l’essence. Aujourd’hui, trois flottes testent le précieux mélange : le conseil général de la Marne, la ville de Paris et le pôle de compétitivité Champagne-Ardenne - Picardie.

Normes. Le groupe de travail, lancé hier, réunit pétroliers (Total, Shell, Esso, BP), syndicats agricoles (l’Association générale des producteurs de blé, de maïs, les betteraviers, etc.), quelques associations d’automobilistes et, bien sûr, constructeurs automobiles (Ford, Saab, Renault et le groupe PSA Peugeot-Citroën). Ces derniers ont promis de mettre « très rapidement » des véhicules flex-fuel sur le marché, notamment PSA qui promet des Citroën C4 et des Peugeot 307 dès l’été 2007. Pourtant, son PDG avait lancé un pavé dans la mare lors de l’assemblée générale de ses actionnaires le 24 mai, estimant qu’« introduire des voitures fonctionnant à des mélanges de 85 % d’éthanol et 15 % d’essence n’était certainement pas un optimum économique dans notre pays ». L’usage de ce type de carburant implique de nouvelles motorisations, de nouvelles pompes à essence, et de nouvelles normes d’émissions. « C’est le véritable objet de ce groupe de travail », précise Michèle Pappalardo, présidente de l’Agence de l’environnement et de maîtrise de l’énergie (Ademe) qui mène avec l’Institut français du pétrole (IFP) une expérience dans la Marne. « Trouver comment faire pour que ces véhicules utilisant le E85 respectent les normes d’émissions des carburants fixées par la Commission européenne. »

Modèle brésilien. Si le flex-fuel intéresse tant nos ministres, c’est qu’il carbure au Brésil, où plus de 800 000 véhicules à moteurs E85 ont été vendus en 2005 (contre 30 000 en 2003). Le Brésil fournit 36 % de l’éthanol carburant produit dans le monde, l’Europe seulement 10 %. Le modèle brésilien n’est pourtant pas exportable en France : les surfaces cultivables sont insuffisantes pour fournir le parc automobile en éthanol. De même, les normes d’émissions des véhicules et des carburants sont différentes de ce côté-ci de l’Atlantique. La France lorgne aussi vers l’expérience suédoise où 350 stations-service équipées de pompes vertes alimentent 20 000 véhicules flexibles. Alain Prost fournira sa feuille de route dans trois mois.


Se préparer à l’ère de l’après-pétrole

En Europe, une directive impose d’intégrer 5,75 % de biocarburants dans l’essence en 2010. Ces biocarburants sont soit des alcools (betterave, canne à sucre, etc.), soit des huiles (tournesol, colza, etc.).

En France, le plan Biocarburants, lancé par Raffarin en 2003, prévoit d’anticiper la directive européenne et s’est fixé comme objectif d’intégrer 5,75 % de biocarburants dans les pompes à essence traditionnelles dès 2008. C’est loin des dosages du flex-fuel (85 % d’éthanol dans l’essence).

Carburants de seconde génération. Le plan Biocarburants est aussi un coup de pouce à la filière agricole. On envisage déjà de produire de l’essence verte avec les surplus de la filière viticole, ou avec la biomasse ligno-cellulosique (bois).

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