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Un article de Rafaële Rivais paru dans Le Monde du 26 février 2005

Bolkeistein : La Commission n’est soutenue que par la droite du Parlement européen

samedi 26 février 2005 par Raphaëlle Rivais
Les partisans de l’adoption de la directive Bolkestein sur la libéralisation des services et ceux qui sont pour son retrait n’ont pu réunir une majorité.

Droite et gauche du Parlement européen ont crié victoire, jeudi 24 février, après l’approbation du programme de travail de la Commission pour 2005, par 264 voix contre 201 et 37 abstentions.

Françoise Grossetête, vice-présidente du groupe du Parti populaire européen (PPE), s’est "réjouie de ce qu’un feu vert ait été donné à ce programme ambitieux qui se concentre sur la croissance et l’emploi". Le président du groupe socialiste, l’Allemand Martin Schulz, a insisté sur le fait que ce programme n’a été adopté que par la droite - PPE, libéraux-démocrates et souverainistes. Le nombre de voix ainsi obtenu "n’aurait pas suffi si la proposition de la Commission avait été de nature législative", a-t-il souligné. Pour adopter une loi, il faut en effet recueillir la majorité non pas des votants, mais des députés élus, soit 367 voix. "José Manuel Durao Barroso serait bien avisé de prendre note de ce que les votes du groupe socialiste lui seront nécessaires à l’avenir", a-t-il indiqué.

Le dirigeant socialiste s’est en outre félicité d’avoir "fait barrage à la position ultralibérale de la droite sur les services publics". Par 269 voix contre 242 et 33 abstentions, le Parlement a rejeté une proposition, introduite par la droite, qui consistait à demander l’adoption "dans les meilleurs délais" de la directive Bolkestein, visant à libéraliser les services.

Cette proposition n’a pas été soutenue par la droite française. Les élus de l’UDF ont voté contre, de même que ceux du Front national et aussi l’eurodéputée UMP Roselyne Bachelot, qui a ainsi passé outre aux consignes de son groupe. Ses collègues de l’UMP se sont seulement abstenus. Alain Lamassoure s’est, dans un communiqué, pourtant réjoui du résultat : il estime que le Parlement européen a "rejoint la vision française sur ce sujet très sensible" et qu’il "partage la nécessité de remettre à plat ce texte, comme le demandait la France".

VIRULENTE PASSE D’ARMES

La gauche, toutefois, n’a pas réussi à faire adopter des amendements réclamant le "retrait" pur et simple de la directive, jugée "inacceptable dans la mesure où elle se fonde sur le principe du pays d’origine". Ce principe permettrait à un artisan de vendre ses services à l’étranger en n’ayant à respecter que la législation de son pays. L’un de ces amendements, soutenu par les UMP, les UDF et le FN, a été rejeté, par 275 voix contre 253 et 13 abstentions.

Le débat qui a précédé ce vote, lundi 21 février, a donné lieu à une virulente passe d’armes entre M. Schulz et M. Barroso. Martin Schulz a protesté contre la participation du président de la Commission à un spot télévisé en faveur de son parti, de centre-droite, pendant la campagne électorale portugaise. Il a souhaité que le code de conduite des commissaires soit revu : "Il leur impose de demander une autorisation au président de la Commission, mais il ne prévoit rien pour ce dernier !", a-t-il protesté. "Je suis absolument contre cette idée !", a répondu M. Barroso, estimant "pouvoir décider pour -lui- -même". M. Schulz s’est estimé trahi : avant de solliciter le vote des socialistes en faveur de l’investiture de son collège, le 18 novembre 2004, M. Barroso s’était engagé auprès de lui à ne pas intervenir dans la vie politique portugaise.

M. Schulz a en outre accusé M. Barroso de se livrer à une politique "néolibérale", qui "détourne les citoyens de l’Europe". "Ne faites pas de caricature !", a répliqué M. Barroso. Il a rappelé que la directive Bolkestein a été proposée par son prédécesseur et que ses propres propositions "sont le fruit d’un consensus au sein du collège, qui compte des socialistes". "Vous devez choisir : soit vous voulez vous opposer à la Commission, soit vous voulez travailler avec elle !", a-t-il lancé, lui reprochant de créer "une image de division" auprès des citoyens européens.

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