Liste des auteurs

Un article de Thomas Lemahieu paru dans L’Humanité du 25 mars 2005

Bolkeistein : Le syndicalisme exige des garanties

vendredi 25 mars 2005 par Thomas Le mahieu
Les syndicats veulent voir le « recul » sur le projet, annoncé à Bruxelles, avant d’y croire.

Rejoints par près de 20 000 altermondialistes, les syndicalistes venus de toute l’Europe étaient, samedi dernier, 60 000 dans les rues de Bruxelles pour la manifestation contre la directive Bolkestein. Ils sont dès lors parmi les premiers à se réjouir que leur mobilisation commence à payer. Mais, face au flou artistique entretenu sur la teneur précise de la révision annoncée de la directive Bolkestein, le syndicalisme européen reste extrêmement circonspect.

Pour John Monks, secrétaire général de la Confédération européenne des syndicats (CES), « il s’agit d’une victoire pour la CES, mais d’une victoire au cours d’une bataille et non d’une guerre ; ce qu’il faut maintenant, c’est garantir que toute nouvelle directive sur les services soit fondée sur des normes élevées et ne soit pas conçue pour abaisser les conditions d’emploi et saper les services publics ». Le président de la confédération allemande DGB, Michael Sommer, « appelle », de son côté, « la Commission européenne à oser maintenant un vrai nouveau départ, à laisser tomber le principe du pays d’origine et à s’entendre sur des règles qui donneraient des chances à tous les travailleurs et travailleuses ».En France, alors que la CFDT réclame simplement une directive « allégée de toutes mesures de dumping fiscal et social », la CGT évoque « un premier succès à mettre à l’actif de la mobilisation sociale et syndicale », mais pour mieux pousser ses exigences. « Rien n’est encore gagné, estime la CGT. La directive n’est pas retirée, la clause dite " du pays d’origine " subsiste. Il nous faut par conséquent poursuivre la mobilisation pour que ce projet soit définitivement abandonné et que soit enrayé le dumping social. Il est indispensable que sorte par ailleurs une directive sur les services d’intérêt général qui définisse ceux-ci au niveau européen et garantisse l’avenir des services publics en Europe, hors des règles traditionnelles du marché. » Pour FO, « il ne suffit de temporiser face au mécontentement général qui s’exprime désormais. C’est le projet dans son principe, celui du « pays d’origine », qui doit être retiré. Ce projet démontre une fois de plus l’urgence d’une réorientation de la construction européenne qui fasse du progrès social un objectif prioritaire, progrès social qui doit s’appuyer sur les dispositions nationales les plus favorables et non l’inverse ». Enfin, la CFE-CGC se déclare « satisfaite de l’attitude des dirigeants européens », mais « se garde bien de crier victoire, connaissant la duplicité des eurocrates qui s’empressent de faire revenir par la fenêtre ce que la pression populaire a fait sortir par la porte ».

Version imprimable de cet article Version imprimable

Forum de l'article

Aucune réaction pour le moment!
Répondre à cet article
 
Propulsé�par SPIP 1.9.2b | Suivre la vie du site  RSS 2.0 | Navigateur conseille Get Firefox! espace prive | Téléchargez le Squelette du site

CSS Valide !