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Le Monde du 30.01.07 | Marc Roche

British Airways fait pression sur les syndicats pour désamorcer une grève de deux jours

mardi 30 janvier 2007 par Marc Roche
Annoncée pour mardi 30 et mercredi 31 janvier, la grève des hôtesses et des stewards de British Airways (BA), votée à 96 %, pourrait se traduire par une annulation totale des vols de la compagnie au départ et à l’arrivée de Londres-Heathrow. Les négociations se poursuivent mais la direction a déjà ordonné une suspension partielle de ses vols. Coût pour BA : 300 millions de livres (445 millions d’euros).

Si le personnel au sol a changé ses pratiques, il n’en est pas de même pour les navigants. Le personnel de cabine se souvient encore du conflit de 1997 dont il était sorti victorieux et du soutien du public dont il avait alors bénéficié.

Ses revendications, aujourd’hui, portent sur les rémunérations, les congés et les congés maladie. Mais les temps ont changé. Avec l’émergence des transporteurs à bas coûts, hôtesses et stewards de BA apparaissent comme des privilégiés s’accrochant à des avantages acquis hérités de la privatisation de 1987.

S’il devait avoir lieu, le débrayage fragiliserait la stratégie du transporteur, qui veut rester une compagnie de première zone face à ses grands concurrents à la démarche conquérante, d’une part Air-France-KLM et Lufthansa, d’autre part, les compagnies à bas tarifs.

Quand il a succédé, en septembre 2005, à Rod Eddington, le directeur général, Willie Walsh, s’était fixé un objectif ambitieux : poursuivre le plan de réduction des coûts de 300 millions de livres par an, organiser le transfert, en 2008, de toutes ses opérations à Londres-Heathrow au nouveau terminal 5, renouveler la flotte et assainir le fonds de pension en déficit.

UNE INSTITUTION NATIONALE

Sur ce dernier point, il est parvenu à un accord le 8 janvier avec les syndicats : pour combler le déficit du fonds de l’entreprise de 2,1 milliards de livres, BA a accepté de verser 800 millions de livres auxquels s’ajoutera un abondement annuel de 280 millions pendant dix ans, en échange de modifications au régime des prestations, notamment le relèvement à 65 ans de l’âge de la retraite.

Par ailleurs, le redresseur d’Aer Lingus entendait régler le sort de la participation de 10 % dans Iberia : la céder ou monter encore au capital de la compagnie espagnole. L’amélioration de la note financière, tombée au rang de "junk bond" (obligation pourrie) en raison d’un gros endettement, et le paiement, suspendu depuis 2001, d’un dividende constituaient deux autres priorités.

A l’évidence requinquée par la vigueur du trafic transatlantique en classe affaires, son principal marché, BA a résisté à une série de déboires en 2006. La perturbation des opérations provoquée par l’alerte terroriste de l’été puis par le brouillard à Noël n’a guère pénalisé le cours en Bourse. Pas plus que l’enquête en cours sur les tentatives d’organisation d’un cartel pour faire payer aux passagers la hausse des prix du carburant.

Le statut d’institution nationale de BA, l’absence d’activités annexes et sa mainmise sur l’aéroport de Londres-Heathrow protègent aussi la 3e compagnie européenne de possibles prédateurs.

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