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Après la SNCM, Le Port, Nestlé, SNCF...

CHAPEAU LES TRAMINOTS !

mardi 29 novembre 2005 par CGT 13

Après 46 jours d’une lutte exemplaire, les salariés grévistes de la RTM ont donc décidé » de suspendre leur mouvement.

L’UD CGT des Bouches du Rhône partage les premiers sentiments : « tête haute et fiers d’être traminots marseillais, la lutte continue ! ».

Elle partage aussi l’idée pour laquelle les traminots marseillais n’ont pas subi un échec, mais au contraire « creusé le vrai » de la lutte pour le maintien et le développement des services publics.

Car il faut replacer ce conflit dans son contexte.

Rarement un arsenal de mesures concoctées et mises en œuvre contre le principe même de la grève n’aura atteint un tel niveau : dramatisation de la situation, contestation des raisons de la grève y compris par l’utilisation de la justice, refus de négocier et volonté de laisser pourrir de la part des autorités politiques de la CUM et de la Direction de la RTM, menaces de réquisition, mensonges organisés autour du caractère démocratique de la grève...

Tout cela avec un seul objectif : empêcher les usagers, la population marseillaise, des transports marseillais, de réfléchir aux causes et aux responsabilités de ce conflit.

Dans ce sens le climat sécuritaire entretenu par le pouvoir après les évènements des banlieues a plus contribué au repli sur soi qu’aux manifestations de soutien à une corporation accusée quotidiennement si non de troubler l’ordre public, mais du moins de renforcer la pagaille ambiante.

Pour autant, le conflit n’a pas été impopulaire.

Même gênés, les usagers marseillais ont fait preuve d’une grande compréhension, malgré les appels quotidiens au lynchage des traminots dont ils étaient l’objet.

A l’intérieur de l’entreprise, les salariés de la RTM, qu’ils soient grévistes ou non, ont prouvé dans un vote à bulletin secret le vendredi 18 novembre, qu’ils soutenaient la proposition de l’intersyndicale « un tramway à 100 % RTM ! » à une large majorité et au-delà des grévites.

Malheureusement, ces pressions ont eu raison de l’unité syndicale, épine dorsale de la force et du dynamisme de la lutte.

Au moment où la lutte allait connaître un sursaut - celui de l’interpellation des décideurs politiques de la CUM après les limites constatées des négociations avec la Direction de la RTM - deux organisations syndicales ont abandonné le combat, affaiblissant de fait un rapport de forces déjà compliqué face à l’intransigeance et l’irresponsabilité des responsables de la Direction de la RTM et de la CUM.


Il en est pour preuve les déclarations de Bernard Brunhes, médiateur désigné » par le gouvernement, qui a déclaré Jeudi 24 Novembre, sur BFM :

« Je n’ai pas compris que des dirigeants, notamment les dirigeants politiques et ceux de la RTM, se disent - on va avoir leur peau - (ndlr : des traminots) et pendant ce temps-là, les Marseillais vont à pied »

« J’ai compris très vite que la mairie de Marseille et la direction de la RTM n’avaient pas la moindre envie que ça s’arrête, ou alors que ça s’arrête avec une CGT qui dirait ça y est j’ai perdu »


Aujourd’hui, les bus et les métros circulent. Le climat d’hystérie collective étant apaisé, les usagers, les Marseillais, l’ensemble des salariés, retraités et chômeurs peuvent réfléchir tranquillement et répondre à quelques questions.

Pourquoi la communauté urbaine de Toulouse a t’elle décidé de retourner au système de régie publique après avoir expérimenté la délégation de service public avec la Connex ?

Sûrement, parce qu’au dires de ses responsables, ce système assure plus de transparence, de rigueur dans la gestion et des transports au meilleur coût !

C’est pour que toutes ces questions restent, et continuent d’être posées que la lutte continue !

En remettant en cause le dogme de la privatisation d’un gouvernement qui n’a plus rien à perdre, les traminots marseillais ont conscience d’avoir attaqué « un château fort ».

Ils ont aussi conscience qu’on n’abat le « pont-levis » qu’après plusieurs « coups de bélier ».

Ils font partie de ceux qui ont eu le courage de porter les premiers coups de butoir.

CHAPEAU ! LES TRAMINOTS !

Ce conflit faisant suite au mouvement social ininterrompu depuis la rentrée de septembre, avec notamment la journée d’action du 4 octobre, le conflit de Nestlé, de la SNCM, du PAM...

L’UD CGT fêtera cet automne de luttes à Marseille et dans le département des Bouches du Rhône dans le cadre d’une initiative qui aura lieu le 13 décembre en fin de matinée.

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