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Article de Philippe Jérôme, Lénaïg Bredoux paru dans L’humanité le 2 novembre 2006

Casino : Les témoignages affluent sur Internet

samedi 4 novembre 2006 par Philippe Jérôme, Lénaïg Bredoux
Les révélations de l’Humanité ont permis de briser la loi du silence. Morceaux choisis du forum de discussion des gérants de Petit Casin

Chers collègues, juste pour vous signaler aujourd’hui un article d’une page et demie dans l’Humanité, à lire absolument et à y réfléchir. » Ce message de « pouce » lancé sur le site Web des gérants de Petit Casino  [1] a provoqué une cascade de réponses. Comme l’écrit « comte de monte christo » : « Je n’ai jamais vu autant de monde (participer au forum), il suffit d’une allumette dans un quotidien pour vous faire exploser ! Je suis content et fier de vous ! » Fragments de cette « explosion » :

« Gérant 13 » : que vont dire les syndicats ? vive l’Huma et vive ce couple qui brise les tabous !

« Élu CFDT » : pas mettre tous les syndicats dans le même sac.

« Nounours » : aujourd’hui une réunion est prévue à Saint-Étienne suite à l’article dans l’Huma.

« Gérante » : merci à l’Huma ! enfin un article qui casse les tabous ! tout le monde subit et personne ne dit rien. Moi, ils m’ont dégoûtée du métier...

« Schumi » : chapeau bas, depuis qu’on attendait ça ! J’espère maintenant que chacun d’entre nous petit à petit va oser élever la voix.

« PC64 » : la réunion (à Saint-Étienne) avait pour objet les problèmes de crédit refusés dans les entrepôts, rien d’autre. Ah si, l’histoire de la gérante qui a pris une paire de claques !

« Comte de monte christo » : de mieux en mieux... Casino pète les plombs, alors les gérants où on va ?

« En colèr » : je n’ai pas envie de prendre partie, je veux juste dire qu’il vaut mieux s’adresser à un syndicat.

« Casmemo » : je connais l’histoire (de la claque), c’est franchement grave. Où va-t-on ?

La discussion rebondit sur un forum voisin :

« Gérant 13 » : je recherche des témoignages secteur sud sur des pratiques de managers, directeurs commerciaux (pressions, harcèlement)

« En colèr » : nous avons démissionné, harcèlement, toujours plus et j’en passe.

« Casmemo » : l’omerta bon sang, ça suffit !

« Révolté » je veux soutenir mais que faire ?

« Pouce » : nous avons attaqué Casino... Pourquoi pas une action collective.

« Nounours » : tous partie civile !

« Roland » : hallucinant ton histoire, gérant 13, il faut qu’on t’aide.

« Gérant 13 » : merci, nous pensions que nous étions seuls, je suis rassuré...


Marseille. De la caresse au coup de bâton

Les désillusions d’un dynamique couple de gérants d’un Petit Casino de Marseille, accusés de vol, mis à pied depuis bientôt deux mois et menacés, avec leurs trois enfants, d’expulsion de leur logement de fonction.

Château Gombert, village de Marseille, sa rue centrale avec ses commerces de proximité dont le plus fréquenté, face à la boulangerie, est le Petit Casino. Il était tenu jusqu’au 5 septembre dernier par un couple des plus appréciés si l’on en croit les dizaines de pétitions signées en sa faveur depuis que le voisinage a appris qu’il était viré. Lui, Pascal Spetel, un Lorrain rondouillard et jovial, ancien disc-jockey, s’était lancé, l’an dernier à la même époque, le défi, à trente-sept ans, d’une reconversion réussie dans le commerce. Elle, Laure, sa compagne, la trentaine épanouie, mère de trois enfants bien dégourdis, employée dans la grande distribution, avait l’ambition de progresser dans l’échelle sociale. Ils répondent à une petite annonce de Casino. « Ils aiment les couples et nous assurent un minimum garanti de 1 400 euros net par mois », se souvient-elle : « C’est "short" avec trois enfants mais Casino nous installe gratuitement, sauf les charges, dans un grand logement au-dessus du magasin, et nous espérions bien monter les recettes au-dessus de 32 000 euros par mois pour toucher, en plus, les 6 % du chiffre d’affaires. »

C’est donc plein d’enthousiasme que, après un stage maison d’une quinzaine de jours « où l’on vous caresse dans le sens du poil plutôt que vous apprendre la gestion », Pascal et Laure se lancent dans leur nouvelle vie, cherchant à élargir le cercle des clients habituels de la petite épicerie. « On s’est vraiment défoncés. On commençait à 6 heures du matin pour fermer à 10 heures du soir, parfois à minuit ! Et 7 jours sur 7, même le dimanche après-midi ! Sans prendre un seul jour de vacances ! » raconte Pascal. « À la sortie de l’école, c’est le grand qui gardait les deux plus jeunes à la maison. Les enfants, on ne les a pas beaucoup vus cette année et les résultats scolaires s’en sont ressentis », déplore Laure. Cette « vie d’esclaves » leur permet cependant, dès les deux premiers mois, d’atteindre un chiffre d’affaires mensuel de 25 000 euros. « On commençait à avoir assez de recul pour connaître les produits frais préférés des clients et donc pour avoir le moins d’invendus possibles, sachant qu’ils sont pour notre pomme », explique le couple... qui va rapidement déchanter, en découvrant peu à peu « la perversité », selon Pascal, du système Casino.

Un système commercial dont la nouvelle figure emblématique est le manager, généralement un jeune homme en cravate qui court d’un magasin à l’autre « mettre la pression » sur les gérants mandataires. À Château-Gombert, ce manager devient omniprésent. « Il nous harcelait tout en nous dépossédant de la gestion du magasin. Il nous imposait l’achat de certains articles dont notre clientèle n’avait pas grand-chose à faire. » Exemple : des « produits italiens » fabriqués par Casino en Italie. « Cela nous restait souvent sur les bras ! » affirme Pascal qui, dans le même temps, découvre que l’appartement de fonctions,

ce n’est pas Versailles : WC - défaillants, installation électrique vétuste, chauffage en panne, peintures défraîchies...

Mais grâce au travail acharné du couple, le chiffre d’affaires de l’épicerie continue de progresser : il atteindra 28 000 euros au huitième mois de leur gérance. Pas satisfaisant pour le manager ? Toujours est-il que leurs relations se tendent et qu’un premier « inventaire surprise » est effectué. Ils en subiront six d’affilée. « On vous prévient la veille pour le lendemain et donc souvent le délégué commercial note un "def" (un déficit - NDR) car on n’a pas eu le temps de rassembler tous les papiers, ou bien certaines recettes ne sont pas prises en compte ce jour-là », explique Pascal.

C’est ainsi qu’en mai le def cumulé de Château-Gombert est de... 7 000 euros. « Là on vous explique froidement que soit c’est de la marchandise volée par les clients, soit c’est de l’argent que vous avez pris dans la caisse. On vous conseille alors fermement... de prendre un crédit pour rembourser ! » s’indigne Pascal, pour qui « Casino a oublié l’humain ». Devant le refus du couple « que l’on cherche à séparer », affirme la femme, on porte alors l’estocade : « On voit bien que le métier ne vous plaît plus, que vous ne souriez plus comme au début, vous devriez démissionner », suggère-t-on à l’homme.

En août dernier, nouvel - inventaire et... 29 000 euros de def ! C’est le coup de grâce : « Casino nous accuse de vol, sans toutefois porter plainte en justice comme nous le demandions ! » Et le 5 septembre dernier, le manager et deux huissiers ferment le magasin. Le couple, victime du flou juridique concernant son statut social, n’est pas licencié mais mis à pied sans solde avec sommation de quitter l’appartement. Deux jours plus tard, un intérimaire est mis en place et rouvre le magasin ! « Nous survivons grâce à quelques économies et au bonheur de retrouver nos enfants », disent Pascal et Laure qui refusent l’expulsion et ont porté l’affaire devant les prud’hommes. Pour leur dignité et celle de la dizaine de couples de gérants mandataires Casino qui chaque mois en France subiraient le même sort qu’eux.


« Un couple simple et ordinaire »

Christophe Meric a géré des supérettes Casino de 1989 à 1998 en région Rhône-Alpes. Poussé à bout et « harcelé », il a fini par démissionner.

Vaulx-en-Velin, fin des années quatre-vingt. Pascale est au chômage depuis plusieurs mois. Elle a été vendeuse de chaussures, elle est femme de militaire, son mari est sergent dans l’armée de terre. Elle est enceinte. « Un couple simple et ordinaire vivant en HLM », dit Christophe. Lui s’impatiente en uniforme depuis qu’il n’est plus célibataire. Il ronge son frein à l’idée d’une carrière déjà tracée, « purement fonctionnaire », où il gravira les échelons selon un plan préétabli. Pascale repère une publicité dans les journaux : Casino, la chaîne de supermarchés, recrute des gérants pour ses boutiques de proximité. « Je cherchais une reconversion dans le commerce, c’était un travail pour deux, avec un logement et des perspectives. » Adieu la vie de caserne.

Inguiniel, automne 2007, un bar-tabac-journaux, vitrine impeccable, devant l’église. Christophe est propriétaire du Chalut, à quai dans un village du Morbihan, à une vingtaine de kilomètres de Lorient. « Je parle parce que je garde une certaine rancoeur. » Sa voix est calme, pourtant. Mèches blondes, ses mains posées sur la table adossée au baby-foot, rasé de près, chemise rouge grenat, il a préparé des notes pour ne rien oublier. D’emblée, il précise : il ne regrette rien, il a appris « son métier » chez Casino et vécu de belles années. Seulement les trois dernières ont tout gâché.

Juin 1989, Christophe et Pascale se portent volontaires pour devenir gérants mandataires. Ils remplissent la première condition, ils sont mariés. « Après, ils venaient nous voir à domicile. Pour se faire une idée de l’intérieur des gens, pour les classer socioprofessionnellement. » Les candidats se voyaient ensuite attribuer des succursales plus ou moins cossues, dans des quartiers plus ou moins populaires. « Nous étions un couple ordinaire, on a eu une boutique dans un quartier ouvrier, avec un logement simple. »

Casino est, à l’origine, une entreprise familiale. Saint-Étienne en sait quelque chose, son stade, le chaudron, porte même le nom du fondateur. La famille Guichard, « un patron paternaliste, très exigeant mais très humain », explique Christophe, « celui qui était à la tête de l’entreprise connaissait le métier ». Lui n’a vécu que les derniers soubresauts de cette histoire, quand « les énarques venant des écoles de commerce » sont arrivés. Il se lance, aussi, quand les grandes surfaces poussent comme des champignons, et engagent la lutte avec le « petit commerce ». Fin d’une époque.

Leur première boutique est minuscule, ils touchent 6 000 francs à deux par mois, le temps « d’apprendre le boulot ». Ne pas compter ses heures, mais, enfin, « gagner en fonction de ce qu’on produisait ». Une deuxième boutique, plus grande, mais dotée d’un logement si étroit que les deux filles dorment dans la chambre des parents qui, eux, se contentent du salon. « De belles années. » Le récit ne connaît pas de pause, d’hésitation, de temps mort, Christophe pourrait « en parler jusqu’à demain matin ». Épicier conteur. Jusqu’à ce temps où la voix s’affermit, puis se durcit, où le débit s’accélère, les gestes se font plus amples, un peu de rougeur aux joues.

La troisième boutique est bien plus grande et relookée, le logement de 160 mètres carrés les éblouit. « Un cadeau empoisonné impossible à refuser. » Chez Casino, comme ailleurs, si le chiffre d’affaires du mois de janvier était de 20 000 euros, il doit être de « 20 000 euros + » l’année suivante. La moindre variation sur chaque produit est examinée à la loupe par un inspecteur et ses délégués commerciaux, chargés des visites dans les boutiques du réseau. « C’est normal, dit Christophe, j’ai toujours fait mon boulot très honnêtement, très consciencieusement, mais j’avais parfois besoin d’une piqûre de rappel. » Le chiffre d’affaires de la succursale qu’il vient de prendre en gérance est en chute libre. Intermarché, Lidl et Ed se sont installés dans le bourg. Rien à faire, « les résultats ne sont pas là », et tous les soirs, il remonte au salon avec l’appréhension de recompter la caisse.

Les contrôles des délégués deviennent hebdomadaires, puis quotidiens. Ils lancent des remarques invérifiables : « Au café, vous n’êtes pas du tout apprécié », des reproches oppressants : « Vous ne savez pas faire une commande », des menaces insidieuses : « Vous devriez ouvrir le lundi »... Christophe n’est pas bien vu. C’est un faux calme, pas « un caractère Tefal », il prend tout « au premier degré » et dit doucement qu’il ne se laissait pas faire.

Mais c’est si dur, le stress, la pression, ne plus trouver le sommeil, jusqu’à ce jour de 1998 où vers 13 heures, l’inspecteur débarque avec ses quatre délégués pour un « passage à tabac verbal ». Au couple Meric, ils lancent deux heures durant : « Vous êtes des bons à rien, vous n’avez qu’à partir. » Christophe : « Ils nous ont détruits psychologiquement. Ils ont réussi à me faire croire que j’étais mauvais. Je l’ai très mal vécu jusqu’à envisager des choses terribles... Et aujourd’hui encore, je ne supporte pas l’échec, ça m’est devenu physiquement insupportable, j’ai des douleurs. »

Son bar est coquet. Quel- ques pierres apparentes ornent la salle du fond, égayée par des boiseries peintes en blanc, des baguettes bleues, un comptoir rutilant. Il l’a acheté en janvier 2005, après avoir repris une épicerie dans les Côtes-d’Armor. C’est là qu’il a lu dans l’Huma l’histoire du couple de gérants et qu’il a décidé de téléphoner pour joindre l’avocate. Il est prêt à témoigner lors d’un procès. Lui, pourtant, n’a jamais songé à attaquer Casino. « Je n’aurais pas eu le cran. C’étaient les seuls revenus de notre couple, on était logés. Et eux n’hésitaient pas à nous faire peur. Combien de fois on a pensé à démissionner... Jusqu’au moment où on n’a pas pu faire autrement. » Le couple jette l’éponge en mai 1998.

Le récit a duré plus de deux heures. Entre-temps, les clients se sont accoudés au comptoir. Christophe reprend du service, chez lui, pour lui. Au départ, il avait simplement prévenu : « Mon histoire n’est que le parcours moyen, banal, d’un couple de gérants chez Casino. »


Dijon. « Pour eux, on était en guerre »

Anciens gérants d’une supérette à Dijon, Salvatore et Aurélie ont saisi le conseil des prud’hommes pour contester la rupture de leur contrat par Casino.

Ce sont quelques lignes dans le Galibot, le journal de petites annonces local, qui ont attiré leur attention. « Gérer en couple une supérette Casino, sans investissement, à l’issue d’une formation, avec un logement de fonctions », se souvient Aurélie Daubresse, vingt-cinq ans, une femme qui a suivi des études d’agent technique d’alimentation, et sait tenir une caisse. Son concubin, Salvatore Battaglia, vingt-trois ans, a géré un kiosque à pizza après des études de comptabilité. « C’était attrayant : nous étions au chômage, et intéressés par la gérance d’une - enseigne, mais sans apport financier, c’était difficile. » Très jeunes, mais enthousiastes et travailleurs, ils sont choisis, et envoyés en formation quinze jours dans un magasin de Besançon. Début avril 2005, ils quittent leur Pas-de-Calais pour prendre en charge la supérette du 7, rue Maurice-Ravel à Dijon. Dans ce quartier populaire, le magasin est fermé depuis deux mois. « On n’allait pas faire les difficiles : chez nous, on ne crache pas sur le travail. »

L’expérience sera de courte durée : en décembre, Casino rompt leur contrat en invoquant un déficit de 2 000 euros, et les somme de quitter leur logement de fonction. Retour dans le Pas-de-Calais, chez leurs parents, avec les allocations chômage pour tout revenu. « C’est très difficile », commente sobrement Aurélie de sa voix énergique. « Nous avons passé de sales moments, mais ça va - aller. Nous voulons gagner ce procès pour que Casino ne fasse pas ça à d’autres. Le monde du travail est déjà assez compliqué, alors si les patrons en rajoutent ! » Aujourd’hui, expliquent-ils, le magasin est fermé, l’enseigne Casino a disparu. « Le magasin n’avait pas d’avenir, je pense qu’ils le savaient. »

À leur arrivée à Dijon, Salvatore et Aurélie entament la deuxième manche de leur formation, quinze jours dans le magasin avec un délégué commercial. « Il y avait des produits périmés partout. Ca nous a donné d’emblée beaucoup de travail. » La première commande passée par le formateur est « monstrueuse » : « 47 colis pour -

5 congélateurs où restait déjà de la marchandise. À la livraison, le formateur pas plus que le manager n’étaient là, et étaient injoignables. On a dû se débrouiller. » La première commande d’épicerie est aussi surdimensionnée :

18 rolls, ces grands chariots de manutention.

Les jeunes gérants comprennent vite qu’ils ne seront pas maîtres de leur gestion. Dans les mois qui viennent, ils seront fortement incités à passer de grosses commandes de fruits et légumes, « à présenter en grosse masse, comme disait le manager, même si ça ne se vendait pas bien dans le quartier ». Les difficultés s’accumulent : les produits périmés ne sont pas systématiquement recrédités au profit des - gérants, creusant le déficit. Les règles pour faire les inventaires et établir les comptes sont fixées par le manager, qui note lui-même les pertes dans le cahier de gestion. Au mépris de la liberté de gestion des - gérants, accuse Jean-Christophe Bonfils, leur avocat. Pour lui, les mauvais résultats ne sont pas imputables à Salvatore et Aurélie : le chiffre d’affaires est en berne, dans ce quartier en restructuration où une centaine de logements sont détruits pendant la période.

Très vite, Casino réclame aux deux concubins indignés le règlement immédiat du déficit, en contradiction avec leur convention collective. Les visites de la hiérarchie se multiplient, les gérants parlent de « harcèlement ». Le couple aggrave son cas en appelant une déléguée CFDT à l’aide. « Ils nous ont fait comprendre qu’on était en guerre », se souvient Aurélie. Ils décident, comme leur contrat les y autorise, de fermer le samedi après-midi, pour avoir un jour et demi de repos par semaine. « Il n’y avait personne, les clients allaient au supermarché. » Casino tente pourtant de s’y opposer.

« On aimait notre travail, on le faisait sérieusement, les choses se passaient bien avec les gens du quartier. On a même mis les décorations de Noël avant de partir. » Casino, qui ne commente pas les affaires en cours devant les tribunaux, n’a pas souhaité réagir.

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