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Un article de Paule Masson paru dans L’Humanité du 14 janvier 2006

Chez Airbus, la liberté syndicale reste à gagner

samedi 14 janvier 2006 par Paule Masson
CGT. Bernard Thibault a rencontré les syndiqués de l’avionneur, hier, lors d’un déplacement à Nantes.

« Mais quelles armes syndicales peut-on créer pour combattre toute cette précarité ? Yves est délégué du personnel chez Airbus, à Nantes où Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT, est venu animer une des 1 000 visites d’entreprise dans le cadre de la préparation du 48e Congrès. Airbus. Il y a vingt ans, les plus bas salaires étaient supérieurs de 20 % au SMIC. Aujourd’hui, ils ne sont que très légèrement au-dessus. Pour fabriquer l’A380, le plus gros avion de transport de passagers, bourré de hautes technologies, l’employeur fait tourner la

machine à précarité. Près de 300 intérimaires travaillent sur ce site de 2 000 salariés sans compter les quelque 600 emplois des entreprises sous-traitantes. Ce qui fait dire à Patrice Bernard, secrétaire du syndicat CGT qu’Airbus « est aussi un gros porteur de précarité ». Militer dans ce cadre n’est pas aisé. « La CGT est traditionnellement présente dans les maisons mères, avoue Bernard Thibault, et la précarité est un obstacle à la syndicalisation. Mais l’avenir du syndicalisme passe par des syndicats, qui sur les sites, rassemblent l’ensemble des salariés. »

Chez Airbus, pourtant fleuron industriel, la liberté syndicale reste à gagner. « Chez les sous-traitants, confie un technicien, dès que tu veux monter un syndicat, tu te fais virer. » Et chez le donneur d’ordres, 61 dossiers pour discrimination syndicale sont aux prud’hommes. Joël, lui, a déjà gagné contre Airbus, en cassation, mais il se plaint que jamais un membre de la CGT n’a été nommé chef de chantier. Une enquête, à paraître lundi, semble du reste révéler que la deuxième raison de la faiblesse de la syndicalisation tient à la peur des représailles.

Si les conditions de l’activité syndicale ne sont pas simples, l’heure n’est pas pour autant à se résigner. La « CGT a repris du poil de la bête ici », racontent plusieurs militants. Jacky, lui, veut répondre à la question posée au congrès : « Et vous la CGT, vous la voulez comment ? » Sans exclusive, détaille-t-il, « plus ouverte et vraiment force de propositions ». Et avec lui, chacun sent bien qu’il faut créer les conditions de la gagne, « d’imposer, par l’action, une situation ou la dignité des salariés et leurs droits sont imposés ». Cela demande de bousculer des habitudes syndicales, et surtout, a insisté Bernard Thibault, « qu’un bien plus grand nombre de salariés soient syndiqués pour pouvoir défendre leurs intérêts ».

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