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Una Galani – Le Monde du 06.02.08

Chinalco n’est vraiment pas un investisseur ordinaire

mercredi 6 février 2008 par Una Galani

hinalco n’est pas un fonds d’investissement souverain, mais les investisseurs, eux, feraient bien de le considérer comme tel. La holding contrôlée par l’Etat chinois, qui détient des participations dans 18 groupes miniers nationaux et s’est alliée avec l’américain Alcoa pour ramasser 14 milliards de dollars (9,5 milliards d’euros) du capital du groupe minier Rio Tinto, est en effet directement gérée par Pékin et étroitement liée au fonds souverain China Investment Corporation (CIC).

La décision de s’engager dans cette opération est certainement venue de tout en haut. La Banque de développement chinoise, qui a financé l’opération, a reçu en janvier une injection de 20 milliards de dollars de capital de Central Huijin (CH), l’organisme public qui contrôle les grandes banques locales. Il y a trois mois, CH a été incorporé à CIC.

INTÉRÊTS POLITIQUES

Cela fait de Chinalco l’équivalent de Gazprom ou de Borse Dubai, des entreprises publiques qui se comportent comme des fonds souverains et dont les intérêts semblent avant tout politiques. En 2007, la Banque de développement chinoise a investi 3 milliards de dollars dans Barclays et ainsi obtenu un poste d’administrateur au sein de la banque britannique.

Si Chinalco était officiellement un fonds souverain, il serait tout en haut de l’indice de risque consacré à ce type de société (SWF Risk Index) créé par Breakingviews. Ce classement range les fonds en fonction du danger qu’ils représentent pour les économies occidentales à partir de trois critères : la transparence et le degré de menace stratégique et politique représenté par l’Etat sponsor.

Or, à ce jour, les investisseurs en restent aux suppositions quant à la taille, la rentabilité, et la structure de contrôle de Chinalco. Son intérêt pour les groupes miniers n’est en revanche pas nouveau. Il a dans le passé accumulé d’importants blocs dans le capital de sociétés oeuvrant sur ce secteur stratégique où les intérêts du gouvernement communiste chinois sont potentiellement contraires à ceux des Occidentaux. De fait, Chinalco ne semble pas vraiment différent de CIC.

Cela ne signifie pas que Chinalco doit se voir automatiquement interdire l’entrée au capital de sociétés occidentales. Mais si ce groupe veut prendre le contrôle de Rio Tinto, il faudra assurément faire très attention.

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