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CAROLINE DE MALET | Le Figaro le 30 avril 2007

Climat, acte III : limiter le réchauffement

lundi 30 avril 2007 par Caroline de Malet
Les représentants des pays sont réunis à Bangkok aujourd’hui en vue d’examiner les recettes pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.

APRÈS LE CONSTAT et les prévisions, les propositions. Dans la foulée de la réunion de Paris fin janvier et de Bruxelles en avril, les experts du Giec (groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat, IPCC en anglais) vont se retrouver une nouvelle fois à Bangkok pour rédiger le troisième et dernier volet du Résumé pour les décideurs de leur quatrième rapport. Moins scientifique que les précédentes, cette troisième partie, consacrée aux solutions pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, est celle qui revêt la dimension à la fois la plus économique et la plus politique. Car au-delà du constat, l’heure est cette fois venue de passer aux recommandations. L’intégralité du quatrième rapport du Giec sera, elle, rendue publique à Valence en novembre prochain.

En treize chapitres, ce nouveau rapport présentera donc les différentes options dans les principaux secteurs économiques (industrie, transport, agriculture, secteur résidentiel, forêt, déchets) et ce à court, moyen et long terme, leur potentiel ainsi que leurs impacts et leurs coûts. Il s’attardera également sur des sujets transversaux, comme le rôle de l’aviation, les scénarios d’émissions, les transferts de technologie, la capture et le stockage du carbone ou l’utilisation des terres. Les experts du Giec vont identifier parmi cette palette de leviers les outils privilégiés à leurs yeux. À la différence du premier volet de ce rapport, consacré au constat scientifique du réchauffement, ce ne sont donc pas cette fois des spécialistes des « sciences dures » qui sont réunis autour de la table, mais davantage des spécialistes des sciences humaines et sociales, notamment des économistes. Parmi les Français représentés figure ainsi par exemple Jean-Charles Hourcade, directeur du Centre international de recherche sur l’environnement et le développement (Cired). Les sujets les plus sensibles dans la rédaction de ce texte, qui devrait être bouclé jeudi soir et rendu public vendredi, seront vraisemblablement la place accordée au protocole de Kyoto, ainsi que le coût global pour l’économie mondiale.

Car autant il existe un consensus sur les données scientifiques du réchauffement, autant les options pour réduire l’effet de serre sont nombreuses. À cet égard, plusieurs visions s’opposent. Le gouvernement fédéral américain privilégie la technologie et les engagements volontaires pour éviter d’avoir à changer le mode de vie américain, dont George W. Bush répète à l’envi qu’il « n’est pas négociable », et de s’engager dans un système multilatéral contraignant. Cette approche est à l’opposé du protocole de Kyoto, traité signé en 1997 qui impose aux pays industrialisés d’avoir réduit leurs émissions de gaz à effet de serre de 5,2 % en moyenne entre 1990 et 2012. Ce qui n’empêchera pas ces derniers de tenter, lors de la prochaine réunion qui aura lieu en novembre prochain à Bali, de rallier tant les États-Unis que les pays émergents à cette démarche.

Ne négliger aucune piste

D’autres considèrent que rien ne sera possible sans de massives économies d’énergie. Les uns considèrent que le nucléaire représente le remède à tous les maux ; les autres, qu’on ne s’en sortira pas sans recourir aux énergies renouvelables. Et comme chacun apporte une réponse différente à la question de la disponibilité des ressources, le débat est loin d’être tranché. Mais toutes ces solutions ne sont pas incompatibles. Pour la majorité des spécialistes, nous ne pouvons nous permettre de négliger aucune de ces pistes. Ce texte du Giec n’étant qu’un « Résumé pour les décideurs », c’est en tout état de cause à ces derniers qu’il reviendra in fine de trancher.


Olivier Appert : "Si on attend 2050, on va dans le mur"

Le président de l’Institut français du pétrole (IFP) veut une action rapide.

Le Figaro. - La technologie permettra-t-elle de régler tous les problèmes ?

Olivier Appert. - Notre métier à l’IFP, c’est de développer les technologies de demain et nous pensons qu’elles contribueront à résoudre les problèmes d’énergie. Cela étant, les défis, tant sur le plan énergétique qu’environnemental, sont tels qu’aucune solution ne peut être présentée comme la panacée. Personne ne peut présenter le solaire, l’éolien, les économies d’énergie, le nucléaire ou le captage du CO2 comme pouvant régler seuls tous les problèmes. Il faut mettre en oeuvre au plus tôt une transition énergétique vers un mode de consommation énergétique durable. Si on attend 2050, on va dans le mur.

Prend-on le chemin de cette transition énergétique ?

Ce qui m’inquiète beaucoup, c’est qu’il n’existe aucune indication sur le cadre international qui prévaudra après l’échéance du protocole de Kyoto en 2012. Le protocole a été un premier pas important, mais il faut définir au plus tôt le cadre international qui va pouvoir se mettre en place au-delà de 2012. Les négociations internationales n’ont pas progressé. Or les Chinois construisent chaque semaine une centrale à charbon d’1 gigawatt - soit l’équivalent d’une tranche nucléaire - qui a vocation à durer pendant 50 ans.

Quelle place la taxation doit-elle occuper pour limiter les gaz à effet de serre ?

Nous constatons que, lorsque les prix sont élevés, la consommation baisse. Donc taxer l’énergie ou les émissions de CO2 devrait permettre de réduire les rejets de CO2. Mais ce n’est pas la panacée. Ainsi, la flambée des prix du pétrole ne s’est pas traduite par une réduction significative de la consommation. La mise en place d’un système d’échange des émissions au niveau européen en 2005 a permis de fixer un prix du CO2. C’est une avancée, mais elle a connu quelques ratés l’année dernière, avec l’effondrement du prix du CO2. Or les industriels, conscients qu’ils doivent intégrer le risque CO2 à long terme, ont besoin d’en connaître le coût.

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