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AFP | 06.04.07

Climat : le GIEC s’accorde sur un texte alarmiste après d’âpres négociations

samedi 7 avril 2007

Les experts du Groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) ont publié, vendredi 6 avril, à Bruxelles, un diagnostic alarmant des impacts du réchauffement climatique, à l’issue d’une nuit de discussions où plusieurs pays – Etats-Unis et Chine notamment – ont contesté leurs conclusions. "Nous avons juste terminé une réunion marathon, c’était productif, mais fatigant", a conclu, soulagé, le président du GIEC, Rajendra Pachauri, lors d’une conférence de presse retardée d’une demi-heure.

Au-delà de 2 à 3 degrés supplémentaires par rapport à 1990, le réchauffement climatique aura des impacts négatifs sur toutes les régions, a indiqué, vendredi, le GIEC.

D’ici à 2080, estiment les experts dans leur rapport de 1 400 pages, jusqu’à 3,2 milliards d’humains seront exposés à des pénuries d’eau sévères et 600 millions à la faim en raison des sécheressses, de la dégradation et de la salinisation des sols. Chaque année, deux à sept millions de personnes supplémentaires pourraient subir des inondations, notamment sur les côtes où la pression démographique s’accentue et dans les grands deltas d’Afrique de l’Ouest, d’Asie ou du Mississippi. "LES POPULATIONS PAUVRES SONT LES PLUS VULNÉRABLES"

Les "populations pauvres, même dans des sociétés prospères, sont les plus vulnérables au changement climatique", ont souligné les experts lors de la conférence de presse vendredi. "Ceci requiert notre attention, car les plus pauvres sont aussi les moins aptes à s’adapter", a commenté Rajendra Pachauri.

Les scientifiques ont prévenu que toutes les formes de vie sur terre seront affectées : "De 20 à 30 % des espèces végétales et animales connaîtront un risque croissant d’extinction si les augmentations de la température mondiale dépassent 1,5 à 2,5 °C" par rapport à 1990, indique le rapport.

"Il y a maintenant sur tous les continents des signes du changement climatique qui affectent les animaux et les plantes et nous en avons la preuve", a souligné Martin Parry, coprésident du groupe de travail du GIEC sur les impacts du réchauffement, devant la presse.

LES PARAGRAPHES CONTESTÉS

La Chine, l’Arabie saoudite, la Russie et les Etats-Unis ont contesté certains paragraphes du "résumé pour les décideurs", un texte d’une vingtaine de pages qui synthétise à l’intention des gouvernements de la planète les 1 400 pages du rapport.

La Chine s’est ainsi opposée à un paragraphe soulignant "le risque très élevé (...) que de nombreux systèmes naturels soient affectés par les changements climatiques", selon une source proche des discussions. La délégation chinoise a contesté les bases scientifiques du caractère "très élevé" du risque, selon cette source.

En réponse, un groupe de scientifiques a remis un lettre de protestation à la présidente du groupe II du GIEC, l’Américaine Sharon Hays, en faisant valoir que son degré de confiance élevé était scientifiquement établi.

Par ailleurs, les Etats-Unis ont demandé et obtenu l’élimination d’un paragraphe indiquant que l’Amérique du Nord "devrait être localement confrontée à de graves dommages économiques et à des perturbations substantielles de son système socio-éconmique et culturel", selon un observateur des négociations.

"C’est la première fois que la science est ainsi mise en cause par les politiques", a remarqué un délégué dont les propos étaient rapportés par un autre participant.

Selon le premier volet de ce quatrième rapport du GIEC, publié en février à Paris, la température moyenne de la terre pourrait gagner 1,1 à 6,4 °C d’ici à 2100 par rapport à 1990, avec une "meilleure moyenne possible" de 2 à 4 °C en vertu des scénarios socio-économiques envisagés.

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