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AFP le 1er mai 2007

Climat : piéger et enterrer le CO2, une solution possible au réchauffement

jeudi 3 mai 2007
Enterrer le CO2 émis par les grands sites industriels pour l’empêcher de se répandre dans l’atmosphère est l’une des solutions envisagées par les experts mondiaux du climat à Bangkok, mais cette technologie doit encore faire ses preuves.

L’idée est de capter le dioxyde de carbone émis par les fumées des centrales thermiques traditionnelles et autres cimenteries, de le transporter et de l’enfouir sous terre, dans d’anciens gisements de pétrole ou de charbon, ou au fond des océans.

Une fois enterré, le CO2, un des principaux gaz à effet de serre, ne peut plus contribuer au réchauffement climatique.

"Cela fait partie des options" retenues par le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (Giec) réuni à Bangkok depuis lundi pour étudier les moyens d’atténuer le changement climatique, indique Renaud Crassous, du Centre international de recherche sur l’environnement et le développement (Cired - Cnrs).

Cette technologie, encore expérimentale, permettrait d’économiser environ 35% des émissions de CO2 de la sidérurgie, des cimenteries et des centrales électriques, qui représentaient en 2004 quelque 29 milliards de tonnes de CO2, précise M. Crassous qui participe aux négociations actuelles.

Un projet du "résumé pour les décideurs" que le Giec devrait publier vendredi et dont l’AFP a obtenu copie, souligne l’intérêt de la technologie CCS (Carbon capture and storage) pour équiper de futures centrales à charbon.

Pour alimenter leur croissance, des pays comme la Chine et l’Inde vont avoir massivement recours aux énergies fossiles comme le charbon.

"Il est hors de question d’aller dire aux Chinois d’arrêter le charbon, ils vous riraient au nez", commente Stephan Singer, du Fonds mondial pour la nature (WWF). "Il faut absolument investir aussi vite que possible dans la faisabilité du captage et stockage du CO2", ajoute-t-il.

La technologie fait actuellement l’objet de différentes expérimentations en Europe et aux Etats-Unis.

En Mer du Nord, le groupe pétrolier norvégien Statoil injecte du CO2 dans un aquifère salin à 1.000 m de profondeur sous le plancher océanique. En Pologne, le projet européen Recopol vise à stocker du CO2 dans une veine de charbon. Au Danemark, le projet Castor, piloté par l’Institut français du pétrole (IFP), est un autre "piège à CO2".

Les Etats-Unis ont développé de leur côté sept programmes de captage et stockage du CO2, a précisé Tom Shope, sous-secrétaire à l’Energie en charge des combustibles fossiles, dans le dernier numéro de la lettre professionnelle "L’usine à GES".

La faisabilité technique et économique à grande échelle de la filière reste à prouver. Le coût du captage du CO2 doit être réduit afin de rendre l’opération rentable pour les industries concernées.

De leur côté, certaines organisations écologistes dénoncent les risques de fuites du CO2, craignant que des bulles de gaz ne remontent à la surface par des fissures.

"Des fuites brutales de CO2 peuvent être fatales même si le dioxyde de carbone n’est pas en soi un poison", souligne Greenpeace dans un rapport sur les énergies renouvelables. "Des concentrations de CO2 de 7 à 8% dans l’air peuvent provoquer la mort par étouffement au bout de 30 à 60 minutes", selon ce rapport, qui rappelle qu’en outre, cette technologie ne devrait pas être disponible avant 2020. line

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