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Mehdi Fikri | L’humanité le 04.04.2008

Colère et amertume après les promesses à Gandrange

samedi 5 avril 2008 par Mehdi Fikri
Sidérurgie . Alors que Arcelor Mittal confirme son plan social, un rassemblement a eu lieu hier devant la préfecture à l’appel de l’intersyndicale.

Arcelor Mittal veut clouer le cercueil des Gandrange au plus vite. Devançant le comité d’entreprise de demain, la direction du géant de la sidérurgie a confirmé mercredi, au comité d’entreprise européen, la suppression de 575 emplois sur les 1 108 du site. Une annonce anticipée, « pour tenter de désamorcer notre rassemblement », souligne Serge Jurzak, délégué CGT. Le moral plombé et la colère rentrée, ouvriers, syndicalistes et élus, plus de 200 personnes, ont manifesté hier devant la préfecture de Metz.

la politique de la terre brûlée

Un rassemblement pour s’adresser encore une fois aux politiques et rappeler Sarkozy à ses promesses. Le mot d’ordre de l’intersyndicale CFDT-CFE-CGC : « Halte au gâchis ! » Pour la CGT, « il faut maintenir l’ensemble des outils industriels et conserver une production d’un million de tonnes ». En juin 2006, Lakshmi Mittal avait dit qu’aucune suppression d’emplois n’aurait lieu en Lorraine. Deux ans plus tard, il met en oeuvre la politique de la terre brûlée : pas question de vendre le site à la concurrence, malgré la noria de repreneurs qui se sont manifestés. Après le brésilien Gerdau, c’est à présent l’italien Tassara qui se porte candidat.

Mais Mittal refuse et répète : « Le laminoir sera pérennisé. » Alors que les hauts-fourneaux tombent les uns après les autres, victimes collatérales des stratégies financières, les ouvriers n’attendent plus rien de Mittal. En février déjà, la CGT et la CFDT s’accordaient pour dénoncer la duplicité du géant de l’acier. Malgré leurs dissensions, les syndicats ont toujours eu le même diagnostic : la « fermeture partielle » est une solution provisoire et la « pérennisation » d’une seule unité du site est une imposture. Hier encore, ils répétaient l’histoire du train à fil de Longwy en 1998. Un souvenir amer, qui rappelle aux anciens qu’une fermeture partielle n’est souvent qu’une fermeture totale repoussée à plus tard.

les plans syndicaux balayés

575 emplois supprimés, c’est vingt de moins que le chiffre initialement prévu. Hier, devant la préfecture, cette risible mansuétude d’Arcelor Mittal avait un arrière-goût d’humiliation. Car, ces derniers mois, les syndicats ont tenté la conciliation. Ils ont proposé des plans de sauvegarde qui veillaient à préserver les profits de l’actionnaire. Mais, modeste ou onéreux, réaliste ou ambitieux, les plans alternatifs de la CFDT et de la CGT ont été balayés du même mouvement. Les syndicats européens siégeant au CEE condamnent « à l’unanimité » une décision qualifiée de « non-sens industriel et social. La direction a refusé sans réel argument toutes les propositions des représentants des travailleurs ». Le président de la République devrait bientôt rencontrer Mittal pour la troisième fois. Et selon des propos du préfet rapportés par la CFDT, il devrait s’exprimer ou rencontrer les syndicats avant le 16 avril. Avant le début de mise en oeuvre du plan social…

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