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Fanny Doumayrou | L’Humanité du 26 mars 2007

Coliposte : licencier plutôt que reclasser

lundi 26 mars 2007 par Fanny Doumayrou
ABUS . À Grenoble, Coliposte veut licencier un agent qui s’est vu retirer son permis de conduire pour six mois. Les collègues sont en grève pour le défendre.

Se montrer intransigeante avec les salariés, tel est le leitmotiv de la direction de Coliposte, la branche de La Poste chargée de la distribution des colis. Depuis mardi matin, la vingtaine d’employés de l’agence Coliposte de Grenoble est en grève illimitée pour s’opposer au licenciement brutal d’un collègue. Anthony, vingt— - deux ans, embauché il y a un an et demi, d’abord en intérim puis en CDI, risque de perdre son emploi parce qu’il s’est vu infliger une suspension du permis de conduire de six mois, en dehors de son travail. « Quand elle a appris ce retrait, la direction lui a envoyé brutalement une convocation pour entretien préalable à licenciement, raconte Jérôme Hamel, délégué SUD PTT en Isère. Nous avons essayé d’ouvrir le dialogue, de demander un report de l’entretien, mais nous nous sommes heurtés à un mur. Mardi, les collègues ont donc décidé de se mettre en grève. »

Pendant la suspension de son permis, Anthony ne peut plus occuper son poste de travail, qui comporte de la conduite. Mais un reclassement est tout à fait possible. « Nous avons contacté la direction régionale de la division courrier, qui s’est engagée à prendre Anthony pendant six mois, comme facteur à vélo, rapporte Jérôme Hamel. Mais la direction de Coliposte a refusé cette solution et maintenu sa procédure, elle veut faire un exemple. » Le syndicaliste souligne que La Poste n’est pas une petite boîte de chauffeurs-livreurs mais une entreprise de 300 000 salariés : « Au courrier, dans ces cas-là, La Poste trouvait toujours des solutions de reclassement. Mais à Coliposte, la direction veut imposer une nouvelle culture d’entreprise, beaucoup plus dure. Cette activité a été créée récemment, la majorité des employés sont contractuels, et les syndicats sont peu implantés. La pression sur les salariés est très forte. »

Vendredi après-midi, la direction a reçu une délégation de syndicalistes SUD-PTT et de grévistes, mais n’a reculé sur rien. Pendant ce temps, Anthony s’est rendu à son entretien préalable au licenciement. « La décision de la direction n’est pas encore officielle, mais chaque fois qu’il y a un entretien préalable, il est suivi d’un licenciement », craint M. Hamel. Le syndicaliste sait que le salarié pourrait gagner des dommages et intérêts aux prud’hommes pour licenciement abusif sans proposition de reclassement, mais « il ne gagnerait pas la réintégration à Coliposte. Notre but, c’est qu’il garde son emploi ». Les collègues poursuivent donc leur grève ce matin.

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