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Dominique Gallois | Le Monde le 3 mars 2007

Comme les Länder, des régions françaises veulent entrer dans le capital d’EADS

samedi 3 mars 2007 par Dominique Gallois

Jeudi 1er MARS, à l’initiative du président (PS) de Midi-Pyrénées, Martin Malvy, huit présidents de régions socialistes, ont écrit au premier ministre, Dominique de Villepin pour lui demander de définir dans quelles conditions elles pourraient entrer au capital d’EADS. La polémique franco-allemande se déplace ainsi de la réorganisation industrielle d’Airbus vers la répartition future du capital de sa maison mère EADS.

"Si les régions allemandes entrent au capital en recherchant des parts cédées par DaimlerChrysler, les régions françaises doivent pouvoir en faire autant", ont estimé les présidents des régions Midi-Pyrénées, Pays-de-la-Loire, Picardie, Aquitaine, Centre, Ile-de-France, Poitou-Charentes et Provence-Alpes-Côte-d’Azur.

Elles entendent ainsi faire contrepoids aux cinq Länder (Hambourg, Brême, Basse-Saxe, Bade-Wurtemberg et Bavière) qui le 9 février ont acquis 2 % du capital pour un montant de 400 millions d’euros. Ces régions ont repris une partie des 7,5 % cédés par DaimlerChrylser, mais les actions reprises n’ont pas de droit de vote, le constructeur automobile ayant conservé ceux-ci.

Dans un entretien au Figaro du 2 mars, Martin Malvy précise que les "régions françaises doivent prendre entre 5 % et 10 % du capital". Il ajoute : "Nous ne parlons pas d’une participation symbolique mais significative (...). Nous sommes capables de réunir 150 millions d’euros à cet effet". Au cours actuel qui valorise EADS a plus de 20 milliards d’euros, ces 150 millions représentent moins de 1 % du capital. Pour parvenir à 5 % voire à 10 %, il faudrait mobiliser 1 à 2 milliards d’euros.

"On pourra trouver des formules de financement" affirme vendredi Martin Malvy au Monde. " Il s’agit surtout d’éviter un déséquilibre accru entre les régions". Soulignant l’importance de cet équilibre non seulement entre les Etats mais aussi entre les collectivités territoriales, il précise "Si on ne fait rien il ne faudra pas se plaindre du poids que prendront les régions espagnoles et allemandes en Europe face aux françaises en terme d’influence".

PACTE D’ACTIONNAIRE

Cette démarche, même si elle apparaît symbolique, soulève néanmoins le vrai problème de la future configuration d’EADS. Pour la première fois depuis sa création en 1999, le groupe franco-allemand devrait faire appel au marché pour financer la réorganisation d’Airbus et surtout l’investissement de 10 milliards d’euros nécessaire au lancement du futur long courrier A350 XWB.

L’interrogation concerne l’attitude des trois actionnaires fondateurs de ce groupe d’aéronautique, l’Etat français, Lagardère et DaimlerChrysler, et notamment ceux de ces deux groupes privés pour qui l’aéronautique n’est plus leur priorité.

Arnaud Lagardère, qui a succédé à son père en mars 2003, se recentre sur les médias et le sport. Dieter Zetsche, qui a pris la tête de DaimlerChrysler, préfère se concentrer sur l’automobile. Jusqu’à présent, le désengagement des deux groupes s’était fait de concert. La part française se répartit entre l’Etat (15 %) et Lagardère (15 %, qui tomberont à 7,5 % à partir de juillet) ; côté allemand, le constructeur automobile a ramené sa part à 15 % mais garde 22,5 % des droits de vote pour être à égalité avec les Français.

A ce jour, même en réduisant leur part, ils maintiennent leur pacte d’actionnaires qui leur permet de contrôler la société. Tout nouvel entrant, quels que soient les fonds investis, n’aura aucun pouvoir.


M. Sarkozy prépare des propositions ; grève en France et en Allemagne

Prenant la mesure de l’émotion suscitée par la crise d’Airbus, Nicolas Sarkozy, qui avait d’abord refusé de commenter le plan de restructuration et estimé qu’EADS souffrait d’"un problème d’actionnariat", a proposé jeudi 1er mars de recevoir les syndicats du groupe, annonçant un "certain nombre de propositions". "Il ne faut pas laisser tomber Airbus", a-t-il déclaré à Bordeaux, rappelant qu’il était intervenu pour sauver Alstom. Le groupe était alors menacé d’être racheté par Siemens.

La mobilisation syndicale contre le plan Power 8 continuait vendredi en France et en Allemagne. Dans les trois usines allemandes de Varel, Laupheim et Nordenham, qui doivent être vendues, les salariés ont arrêté le travail. En France, les syndicats ont prévu mardi 6 mars une demi-journée de grève. Le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, a annoncé une "deuxième étape de mobilisation coordonnée" à la "mi-mars en Europe avec les syndicats allemands, espagnols, anglais et français". - (AFP.)

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