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FRANÇOIS SIGOT | Le Figaro le 10 avril 2007

Comment Duralex a échappé à la liquidation judiciaire

mardi 10 avril 2007 par FRANÇOISE SIGOT
Le roi du verre de cantine était promis à la mi-mars à la disparition. Le tribunal accepte la continuation d’une entreprise bancale.

PAYÉS depuis six mois « à ne rien faire » depuis l’arrêt du four de l’entreprise sur ordre de la préfecture, les 104 salariés de la verrerie Duralex de Rive-de-Gier, dans la Loire, pensaient en avoir terminé avec Sinan Solmaz, homme d’affaires turc qui a repris Duralex en décembre 2005. C’est partie remise. Le tribunal de commerce d’Orléans, où est situé le siège de Duralex, a autorisé le 30 mars le fabricant de verrerie à poursuivre son activité et levé la menace de liquidation.

Un jugement assorti de deux conditions. « Le tribunal a demandé à Sinan Solmaz de respecter ses engagements et d’engager sans délai un plan social avec reprise des négociations avec le personnel de Rive-de-Gier et de procéder au montage d’un nouveau four pour juillet 2007 à La Chapelle-Saint-Mesmin », rapporte Emmanuel Champavert, élu au CE de Rive-de-Gier. Selon Michel Gérard, directeur général de Duralex, la construction d’un nouveau four sur le site du Loiret est sur les rails. « Nous avons réuni les 5 millions d’euros nécessaires et les commandes sont lancées », assure-t-il. La situation s’annonce en revanche plus délicate dans la Loire où Sinan Solmaz a engagé plus de 3 millions d’euros dans la construction d’un four neuf il y a un an. Lequel n’a jamais été mis en service. « Ce four est alimenté par de l’énergie électrique dont les coûts ne cessent de monter et il n’est plus rentable alors qu’à La Chapelle-Saint-Mesmin le four est à gaz », justifie Michel Gérard.

Le bras de fer se poursuit

Partagés entre la crainte et l’espoir, les 200 salariés de La Chapelle-Saint-Mesmin veulent tout de même croire à des jours meilleurs. D’autant que leur directeur général affirme que le carnet de commandes « déborde ». À Rive-de-Gier en revanche, la colère est encore montée d’un cran depuis le 30 mars. « Ce jugement condamne tout projet de reprise du site puisque Sinan Solmaz ne veut pas entendre parler d’une cession, donc nous exigeons le paiement d’une prime supralégale », clament les syndicalistes ligériens, caustiques et toujours dans l’attente d’une convocation à un CE permettant d’ouvrir les négociations sur le plan social. « Cela fait six mois que nous sommes payés à rien faire, nous avons eu du temps pour étudier nos droits et mettre au point une stratégie, judiciaire, s’il le faut, pour parvenir à nos fins... »

Le directeur général de Duralex reconnaît que la réindustrialisation du site de Rive-de-Gier s’annonce délicate. « Nous recherchons un verrier, mais pour prendre ce site, il faut 10 à 12 millions d’euros. Je ne dis pas que tout espoir est abandonné, mais ce sera difficile et, de toute façon, il nous faut d’abord régler la question du plan social », lance Michel Gérard qui écarte la piste de l’homme d’affaires belge Dominique Balcaen, un temps pressenti pour reprendre le site fort de la relance réussie de verreries en Belgique. « Nous n’avons pas de garanties de sa part », élude Michel Gérard.

Le directeur général assure en revanche qu’environ vingt postes créés à La Chapelle-Saint-Mesmin seront proposés aux salariés de Rive-de-Gier. « Irréalisable compte tenu de la distance qui sépare les sites », rétorque-t-on dans la Loire. Et voilà le bras de fer repartit de plus belle.

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