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Un article de Paule Masson paru dans l’Humanité du 15 juin 2005

Contrat de travail intermittent

mercredi 15 juin 2005 par Paule Masson

En visite, hier, au salon « Planète PME », organisé à Paris par la Confédération générale des petites et moyennes entreprises (CGPME), Dominique de Villepin a assuré que rencontrer des chefs d’entreprise, c’est « bon pour le moral ». Le premier ministre a aussi confirmé vouloir faire des PME « le fer de lance de la création d’emplois et du retour à la croissance ». Il a déjà inauguré, lors de son discours de politique générale le 8 juin dernier, le « contrat nouvelle embauche », qui va permettre aux TPE, de moins de dix salariés, d’inaugurer la période d’essai de deux ans. Alors que l’emploi stable va devenir un horizon inaccessible pour ces salariés, la CGPME a applaudi des deux mains et réclame déjà son extension aux PME.

Hier, sur le salon, l’organisation patronale a dévoilé le contenu de son projet pour « développer l’économie et l’emploi ». Intitulé « Cap France PME », les cinq objectifs qu’il contient, déclinés en 45 mesures, ont été présentés à l’Élysée lundi soir. Le président de la République, Jacques Chirac, y a reçu le président de la CGPME, Jean-François Roubaud. S’engouffrant dans la brèche ouverte par le premier ministre, la CGPME propose la création d’un « contrat de travail intermittent », qui ne nécessite pas, pour prétendre y recourir, un accord négocié avec les syndicats et qui serait destiné à « pourvoir des emplois permanents comportant par nature une alternance de périodes travaillées et non travaillées ». Jean-François Roubaud avait déjà plaidé, au moment d’être reçu par Dominique de Villepin, la semaine dernière, pour la création de nouvelles formes de contrat de travail.

Selon la CGPME, les réformes des retraites ou de l’assurance maladie prouvent que « la France est réformable ». Prenant le relais du MEDEF, les représentants des petits patrons pensent qu’il existe une fenêtre de tir pour parvenir à réformer le contrat de travail et assouplir les règles du licenciement. L’organisation patronale, qui réclame un statut unique de la PME de 1 à 250 salariés, demande aussi « la mise en place d’un contrat de travail uni- que avec des protections et des garanties pour le salarié proportionnelles à la durée de sa présence dans l’entreprise ». Et souhaite, sans surprise, un allégement des charges patronales de Sécurité sociale sur l’ensemble des salaires, « au moins sur les 153 premiers euros ».

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