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Nicolas CORI | Libération le 25 mai 2007

Coup d’arrêt pour Areva sur l’éolien

vendredi 25 mai 2007 par Nicolas Cori
Entreprise. Le groupe nucléaire a décidé de ne pas prendre le contrôle du danois REpower.

Areva laisse tomber les énergies renouvelables allemandes. Le groupe nucléaire français a annoncé hier soir qu’il renonçait à prendre le contrôle de REpower, le fabricant d’éoliennes basé à Hambourg, laissant le champ libre à Suzlon, le fabricant indien de turbines. Cause avancée, le prix trop élevé de Repower et la complexité du droit boursier allemand. En échange de cet abandon, Areva a signé avec Suzlon un accord de partenariat pour devenir son fournisseur privilégié dans la transmission et la distribution d’électricité.

« Nous sommes déçus », commentait un porte-parole d’Areva. C’est en effet un nouvel échec pour un groupe qui cherche depuis plusieurs années à se diversifier dans l’éolien. Mais qui, à chaque fois, se retrouve empêché par son actionnaire, l’Etat. En 2003, Anne Lauvergeon, la PDG d’Areva, avait proposé d’acheter le danois Bonus pour 350 millions d’euros. Mais le ministère de l’Economie trouvait l’acquisition trop onéreuse. Aujourd’hui, Bonus, repris par Siemens, vaut 2 milliards d’euros. Pour REpower, le scénario s’est quasiment répété. Propriétaire de 30 % de l’entreprise allemande depuis septembre 2005, Areva a lancé en janvier une offre à 850 millions d’euros. Quelques semaines après, Suzlon a répliqué, en proposant une contre-offre. Une bataille de surenchères s’en est suivie. Au final, Suzlon proposait 1,2 milliard. Lauvergeon était prête à mettre plus, mais elle s’est retrouvée bloquée par Thierry Breton. L’ex-ministre de l’Economie disait craindre « une bulle spéculative ».

Malgré le changement de gouvernement, plus favorable à la stratégie de Lauvergeon, ce blocage a été fatal. « François Fillon était dernière nous, mais nous avions trop perdu de temps et la situation s’est compliquée », explique un porte-parole d’Areva. Du fait du droit boursier allemand, le groupe français n’était pas certain, même en proposant un prix plus élevé que Suzlon, de prendre le contrôle de REpower. Seule consolation, Areva va toucher le jackpot. A moyen terme, il reste dans le capital de REpower, mais s’il veut vendre sa part, Suzlon s’engage à la racheter au moins 350 millions d’euros. Pour une mise de départ évaluée à 100 millions. « Un retour sur investissement digne d’un Vincent Bolloré », ironise un proche de Lauvergeon. A défaut du titre de « maîtresse du vent », la patronne d’Areva se contentera-t-elle du surnom de « princesse du cash », qui était accolé au financier breton en raison de ses coups boursiers fameux ?

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