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LEMONDE.FR | 15.05.07

Croissance plus faible que prévu en France au premier trimestre

mardi 15 mai 2007

Pas d’état de grâce économique pour Nicolas Sarkozy. Selon les données publiées mardi 15 mai par l’Insee, la hausse du produit intérieur brut (PIB) s’est établie à 0,5 % au premier trimestre de l’année 2007, soit 2 % en rythme annuel. Ce chiffre constitue une déception. Il est en effet nettement inférieur aux anticipations de la Banque de France (0,8 %) et confirme que l’économie hexagonale reste engluée dans une croissance molle. La semaine dernière, la Commission européenne avait pourtant révisé en très légère hausse les perspectives d’expansion de la France, en pronostiquant une croissance de 2,4 % du PIB pour 2007.

Ce sont les variations de stocks qui ont handicapé la croissance trimestrielle du PIB, y contribuant négativement (- 0,3 point), contre 0 point le trimestre précédent, explique l’Insee. Au contraire, les dépenses de consommation des ménages accélèrent légèrement (+ 0,3 % contre + 0,2 % le trimestre précédent), contribuant au chiffre trimestriel de la croissance pour + 0,3 point.

Le solde extérieur se redresse et contribue pour 0,2 point à l’évolution du PIB grâce à une amélioration sensible des exportations (+ 1,5 % après + 0,6 % au quatrième trimestre 2006) tandis que les importations s’accroissent plus modérément (+ 0,6 %, comme précédemment).

L’Insee a par ailleurs revu en légère hausse, mardi, son évaluation de la croissance de l’économie française en 2006, l’estimant à 2,2 % (données corrigées des variations saisonnières) contre 2,1 % précédemment. En 2006 par rapport à 2005, "la consommation des ménages et l’investissement sont restés dynamiques", et "le pouvoir d’achat des ménages a gagné de la vigueur", note l’Insee. Le solde du commerce extérieur a continué de peser sur la croissance, mais à un degré moindre que l’année précédente.

ATTAQUES CONTRE LA BANQUE CENTRALE EUROPÉENNE

Les chiffres publiés mardi par l’Insee devraient renforcer la détermination du nouveau chef de l’Etat de mettre rapidement en œuvre les mesures de son projet (exonération de charges sur les heures supplémentaires, allégements fiscaux, etc.) destinées à dynamiser la croissance. L’institut Rexecode avait estimé durant la campagne électorale que le programme économique de Nicolas Sarkozy (UMP) était créateur d’emplois (+ 160 000 à + 200 000) et de croissance (+ 1,1 % à + 1,3 %).

La performance décevante annoncée mardi par l’Insee pourrait aussi inciter M. Sarkozy à relancer ses attaques contre la Banque centrale européenne, accusée de brider la croissance en menant une politique monétaire trop restrictive. Durant la campagne électorale, M. Sarkozy avait notamment fustigé à de nombreuses reprises la politique de l’euro fort. "Une monnaie trop chère, c’est un inconvénient, ce n’est pas un atout", avait-il ainsi lancé fin mars. Il avait promis, en cas de victoire à l’élection présidentielle, de "déclencher une offensive diplomatique" pour affaiblir l’euro. "Je demande qu’on puisse faire avec la monnaie unique ce que les Américains font avec le dollar, les Japonais avec le yen et les Chinois avec le yuan, a-t-il poursuivi. Est-ce trop demander que la BCE le fasse aussi en poussant l’euro à la baisse pour obtenir un cours de change plus raisonnable ?"

Cette accusation a été reprise, la semaine dernière, par Bernard Arnault, le PDG du groupe LVMH. "Je ne sais pas si on va réussir à faire en sorte que la Banque centrale européenne [BCE] devienne plus attentive à la force de l’euro et à la croissance de la France. Peut-être qu’avec la nouvelle donne politique, cela aura une influence, je l’espère", avait-il précisé lors de l’assemblée générale des actionnaires du numéro un mondial du luxe.

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