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Nathalie Brafman | Le Monde le 14.09.2007

Dans l’Oise, l’usine Continental passe aux 40 heures

vendredi 14 septembre 2007 par Nathalie Brafman

Travailler plus pour gagner plus : c’est ce qu’ont décidé les salariés de l’usine de pneus Continental de Clairois (Oise). Au terme de plusieurs mois de négociations, la CFTC a signé, mercredi 12 septembre, un accord visant à passer à la semaine de 40 heures (pauses incluses), contre 37 h 30 actuellement (Le Monde du 31 juillet). Cet accord concerne les quelque 650 ouvriers sur les 1 200 salariés que compte l’usine.

Concrètement, ceux qui font la semaine de quatre jours (du lundi au jeudi) travailleront neuf vendredis. En échange, ils gagneront 92 euros de plus par mois, conserveront six jours de réduction du temps de travail contre quinze actuellement. Les "VSD" (vendredi, samedi, dimanche) devront, eux, travailler quatre jours de plus en rognant sur leurs jours fériés pour maintenir leur salaire.

Initialement, en contrepartie, la direction avait accepté d’embaucher 115 intérimaires. Mais la CFTC a profité de sa position de syndicat majoritaire pour faire passer ses dernières exigences : 130 embauches, l’octroi d’une journée supplémentaire de congé au-delà de vingt ans d’ancienneté pour tous les salariés ainsi que le paiement de la journée de solidarité avec les personnes âgées, créée après la canicule de 2003.

COURSE TECHNOLOGIQUE

"Cet accord permet de conclure une longue phase de négociation. C’est une étape indispensable et nécessaire qui ouvre la voie au déblocage des investissements", se félicite Philippe Bleurvacq, directeur des ressources humaines de l’usine. A l’automne 2006, la direction avait tenté de faire passer un accord 40 heures mais les négociations s’étaient enlisées.

La direction allemande du fabricant de pneus avait alors décidé de geler tous les investissements. L’âge moyen du parc des machines de l’usine de Clairois a plus d’une trentaine d’années. Et pour rester dans la course technologique, mais aussi réduire la pénibilité du travail et améliorer la productivité, l’achat de nouvelles machines est crucial. "Les processus administratifs pour de nouveaux investissements vont démarrer", affirme M. Bleurvacq.

"SPIRALE POSITIVE"

Cet accord permettra d’économiser 2,1 millions d’euros sur le coût du travail. Ce qui remettra l’usine de Clairois dans une position plus favorable par rapport aux autres usines du groupe en Europe.

En effet, en quelques années, Clairois est devenue l’usine d’Europe occidentale où la fabrication d’un pneu est la plus chère. Selon la direction de Clairoix, l’écart atteint entre 20 et 50 centimes par pneu avec les deux usines d’Allemagne - Korbach et Aix-la-Chapelle - et même avec celle de Sarreguemines en Moselle.

L’accord 40 heures suffira-t-il à protéger Clairois ? Continental produit aussi des pneus au Portugal et en République tchèque. Dans ce pays, l’usine augmente régulièrement sa production : 20 millions d’unités par an, quand Clairois prévoit de fabriquer 8,3 millions de pneus en 2007. Certains salariés craignent qu’à l’avenir une partie de la production de Clairois parte dans les pays à bas coûts, où l’écart de prix peut atteindre 4 euros par pneus. Chaque année, le prix des pneus diminue de 3 % à 4 %.

"Grâce aux nouveaux investissements, nous allons entrer dans une spirale positive. Il n’est jamais possible de dire qu’une usine est sauvée à 100 %, mais à nous de montrer que nous sommes à la hauteur", souligne M. Bleurvacq.

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