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Un article de Michel Delberghe paru dans Le Monde du 15 décembre 2005

De jeunes agents animent la grève des lignes B et D du RER

jeudi 15 décembre 2005 par Michel Delberghe

ix jours de grève sur la ligne D du RER au sud de Paris, quatre sur la ligne B du nord de la capitale et des arrêts sporadiques à Nice et en Aquitaine : le mouvement des conducteurs de la SNCF s’est durci, sans issue prévisible. Les appels à la reprise des négociations sont, jusqu’à présent, restés vains. Les syndicats CGT, SUD-Rail et FGAAC (autonome) maintiennent leurs revendications sur l’aménagement des horaires et la répartition du temps de travail modifié par le passage au service d’hiver.

Ces actions très localisées suffisent à paralyser une partie du trafic des lignes de banlieue, dont la dégradation est dénoncée tant par les usagers que par les élus et les cheminots. Même si une reprise progressive a été constatée sur la ligne D, la direction de la SNCF a, pour la première fois dans la région parisienne, mis en place un réseau de substitution d’un millier d’autobus pour les 700 000 usagers quotidiens.

Pour le président de la République, Jacques Chirac, et à sa suite le premier ministre, Dominique de Villepin, et le ministre des transports, Dominique Perben, ce mouvement est "incompréhensible" et "disproportionné". Mais les injonctions à la reprise du travail et au respect d’un service garanti sont restées sans écho.

La direction de la SNCF avait minimisé l’impact de la grève nationale du 22 novembre, suivie par 22 % des agents. Elle doit faire face, trois semaines plus tard, à ces conflits localisés, plus radicaux. A leur tête, des jeunes agents, plus sensibles aux conditions de travail et de sécurité, notamment dans les banlieues.

Les dirigeants de l’entreprise publique ont bien tenté de relativiser l’ampleur d’un mouvement circonscrit aux trois dépôts de Paris-sud-est pour la ligne D vers Melun et Evry-Malesherbes, ainsi qu’à deux dépôts de la ligne B, à partir de la gare du Nord vers l’aéroport Charles-de-Gaulle. Au total, un millier de conducteurs dont la moitié ont reconduit leur grève, par un vote à main levée, en assemblée générale.

Il y a une quinzaine de jours, la direction régionale envoyait pourtant un courrier de félicitations à ces agents de conduite pour leur comportement lors de la crise des banlieues. Au moment d’examiner leurs revendications, "les mêmes agents ont été livrés à la vindicte par une direction qui oppose les cheminots à la population. Un cap inacceptable a été franchi et cela ne s’était pas vu depuis 1995", tempête Didier Le Reste, secrétaire général de la Fédération CGT des cheminots.

Démarche inhabituelle dans la communication de crise à la SNCF, Thierry Mignauw, directeur régional, est descendu dans les couloirs du RER, lundi, distribuer des tracts pour dénoncer "un conflit inacceptable et contre-productif". Et prendre à témoin les voyageurs sur la "vérité" du temps de travail des conducteurs, de 5 h 59 minutes par jour et 182 jours travaillés dans l’année.

A l’origine du conflit, la demande de nouveaux aménagements relève, pour la direction, d’une "surenchère". D’autant, assure-t-elle, que les conducteurs du RER travaillent moins longtemps que leurs collègues des autres régions.

"LIGNE POUBELLE"

A la veille de la mise en service de 157 trains supplémentaires, les grévistes invoquent, eux, les handicaps et les spécificités de la ligne D, une "ligne poubelle" dont les conditions de transport et de sécurité sont dénoncées par les usagers, par les élus locaux et par les cheminots.

C’est sur ce trajet que les jeunes recrues de la SNCF débutent avant d’espérer être affectés, soit sur les grandes lignes, soit dans leur région d’origine. Dans ce secteur où Sud-Rail est majoritaire, les grévistes dénoncent un " climat détérioré par les pressions exercées par la hiérarchie". Selon eux, le conflit aurait pu être évité si les directions d’établissements avaient fait preuve de moins d’intransigeance. Sur le même secteur de Paris-sud-est, les conducteurs des grandes lignes et des TGV ont obtenu satisfaction, ceux des banlieues se sont heurtés à des refus.

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