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Un article de Sylvestre HUET paru dans Libération le 13 mars 2006

Déchets radioactifs : enfouir, oui mais...

lundi 13 mars 2006 par Sylvestre Huet
Nucléaire. Les experts concluent quinze années de recherches avant le débat sur la loi.

Dernier avis d’experts avant que la parole aille au législateur. C’est le statut du texte remis vendredi aux parlementaires par la Commission nationale d’évaluation des recherches sur les déchets nucléaires. Une commission d’experts créée par la loi de 1991, dite « loi Bataille », du nom du député PS qui en fit la proposition. Une loi qui prévoyait quinze années de recherches sur le destin des déchets les plus radioactifs de la filière nucléaire, sortis des réacteurs d’EDF. C’est donc cette année ­ avant l’été, a dit le gouvernement ­ que le Parlement doit se prononcer sur la suite à donner à ces travaux.

Le rapport de la commission peut sembler contradictoire. Il affirme, en effet, que « les pouvoirs publics ont désormais les moyens de construire une stratégie de gestion des déchets radioactifs à vie longue ». Pourtant, il ne délivre pas de feu vert pour l’enfouissement géologique, mais uniquement un constat positif sur les résultats acquis sur le site de Bure (Meuse) et un programme de validation définitive du concept. Quant à l’hypothèse d’un entreposage de longue durée, renouvelable, en surface ou peu enterré, il reste à « choisir un site et y conduire les études », si cette idée est retenue par les députés.

Pour la voie de la séparation poussée des radioéléments et de leur transmutation, « il n’y a pas actuellement suffisamment de résultats pour prendre une décision de nature industrielle ». Ce concept, pour séduisant qu’il puisse être, ne pourrait prendre vie qu’avec la « génération IV » des réacteurs nucléaires, à neutrons rapides, et donc à l’horizon 2040 au plus tôt. Manifestement, les experts de la commission sont très dubitatifs sur la possibilité de réacteurs incinérateurs de déchets dont la première mission ne serait pas de produire de l’électricité. En outre, la possibilité de transmuter les radioéléments semble élevée pour les actinides mineurs (noyaux plus lourds que l’uranium), alors que ces derniers auraient tendance à rester scotchés dans une couche argileuse. Mais faible pour l’iode, justement l’élément qui aurait tendance à s’en échapper à long terme. D’où la conclusion générale : « retenir le stockage géologique comme la voie de référence et l’étudier complètement ». Un message qui va soulever l’ire des opposants au nucléaire.


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