Liste des auteurs

Un article de Frédéric le Monicault paru dans le figaro du 25 mai 2006

Derniers réglages pour la fusion Suez- Gaz de France

jeudi 25 mai 2006 par Frédéric de Monicault
Devant ses actionnaires, Gaz de France s’est dit confiant en la capacité des deux groupes et du gouvernement de mener à bien l’opération, malgré les réticences de Bruxelles.

PREMIÈRE Assemblée générale des actionnaires hier à Paris pour Gaz de France (GDF). La première, mais aussi sans doute la dernière en tant que telle. Le gouvernement prévoit en effet que la fusion avec Suez, annoncée en février, sera effective avant la fin de l’année. Thierry Breton, le ministre de l’Économie, a confirmé en début de semaine que le projet de loi sur le changement de statut de Gaz de France était attendu avant l’automne.

Hier, Jean-François Cirelli, le président de Gaz de France, a profité de l’occasion pour redire toute la pertinence de ce rapprochement industriel. Il a rappelé le caractère « juste et équitable » de la parité d’échange - une pour une - retenue entre les actions Suez et GDF, excluant toute modification du calcul.

Pour le reste, les différents sujets concernant cette fusion avancent peu à peu. C’est le cas de la « gouvernance ». Dans une note remise aux syndicats, le gouvernement dit préférer un conseil d’administration à un conseil de surveillance et un directoire. Dans un tel schéma, Gérard Mestrallet, l’actuel président de Suez, serait PDG, et Jean-François Cirelli, numéro deux, comme prévu.

De même, il semble acquis que le principe d’une minorité de blocage ne sera pas formalisé stricto sensu dans le projet de loi soumis au Conseil d’Etat au cours des tout prochains jours. Ce qui n’empêchera pas que l’Etat détienne comme annoncé 34% du nouveau groupe. « Évoquer explicitement un verrouillage reviendrait à créer un nouvel obstacle en cas d’évolution future du capital. À moins, au cours des discussions avec les syndicats, que le gouvernement se donne le moyen de lâcher un peu de lest », souligne un bon connaisseur du dossier. Même si ce dernier scénario semble assez improbable.

En attendant, l’avenir immédiat du projet de fusion se joue aussi à Bruxelles. Thierry Breton, toujours en début de semaine, avait évoqué le recours à une action spécifique (golden share) pour garantir le contrôle de l’État sur le nouveau groupe. La Commission l’a aussitôt mis en garde : une golden share serait contraire aux règles de la concurrence (lire nos éditions du 24 mai).

Vers le lancement d’une enquête approfondie

Cet avertissement ne semble pas émouvoir Jean-François Cirelli. Le président de GDF a rappelé hier que la Commission avait déjà accepté des « golden shares » au cas par cas. Il a pris ainsi l’exemple de Fluxis, le distributeur de gaz filiale de Suez. Reste donc à Paris à convaincre la Commission que le nouveau groupe oeuvre dans un secteur stratégique. « Mais la partie est loin d’être gagnée », commente un observateur.

Parallèlement, la Commission doit se prononcer avant la mi-juin sur le contenu du projet de fusion. Pour dire si, oui ou non, il est compatible avec le bon fonctionnement de la concurrence. Selon des rumeurs récurrentes, Bruxelles devrait décider d’ouvrir une enquête approfondie, d’une durée de quatre mois, comme le veut la procédure. Une décision qui n’est pas étonnante dans le contexte européen. La semaine dernière, Bruxelles a lancé une série de perquisitions chez plusieurs grands groupes énergétiques européens soupçonnés de pratiques anticoncurrentielles.

Version imprimable de cet article Version imprimable

Forum de l'article

Aucune réaction pour le moment!
Répondre à cet article
 
Propulsé�par SPIP 1.9.2b | Suivre la vie du site  RSS 2.0 | Navigateur conseille Get Firefox! espace prive | Téléchargez le Squelette du site

CSS Valide !