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La Tribune - édition électronique du 20/10/06

Des actionnaires de Suez réclament une révision de la parité de fusion avec GDF

vendredi 20 octobre 2006
Suez confirme avoir reçu une lettre d’actionnaires étrangers, menés par le trublion Eric Knight, qui demande une révision des parités de fusion avec Gaz de France et du dividende exceptionnel prévu à cette occasion. La lettre a été transmise au conseil d’administration de Suez.

Suez confirme, comme l’écrit ce vendredi l’édition électronique du Wall Street Journal, que plusieurs de ses actionnaires étrangers ont écrit à la direction pour demander une revalorisation des termes de la fusion avec Gaz de France. "Gérard Mestrallet a reçu cette lettre mercredi et l’a aussitôt transmise au conseil d’administration", souligne à la tribune.fr une porte-parole de Suez.

Il s’agirait en fait d’un fax émanant de l’actionnaire le plus revendicatif de Suez, Eric Knight, qui semble donc avoir fédéré autour de lui d’autres détenteurs de titres aux mêmes doléances. Son fonds Knight Vinke détient moins de 1% du capital de Suez (0,4% selon certains comptages).

Le Wall Street Journal en ligne précise que l’initiative vient de neuf actionnaires étrangers de Suez, détenant au total près de 10% du capital. Ils considéreraient que les parités de fusion actuelles (une action Suez pour une action Gaz de France) ne sont pas suffisamment attractives. Ils demandent à Suez de négocier soit le versement d’un dividende supérieur à celui prévu, soit la scission des activités environnement du groupe. Seules les activités énergétiques seraient alors intégrées à la nouvelle entité formée avec GDF.

Pour l’instant, il est prévu le versement d’un dividende exceptionnel d’un euro au profit des actionnaires de Suez, étant donné que leurs actions valent un peu plus cher. Mais cette idée date du début 2006, lorsque que les actions des groupes naviguaient dans les mêmes eaux. Depuis, l’action Suez a grimpé, notamment dopée par des rumeurs d’OPA -de l’italien Enel associé initialement à Veolia puis à Pinault-, et elle oscille maintenant autour de 35 euros contre un peu plus de 31 euros pour GDF. La question du dividende exceptionnel reste latente, certains ayant évoqué de le porter à trois euros voire à cinq.

Suez a en revanche reçu récemment le soutien de son plus important actionnaire, Albert Frère, qui détient 8% du capital et s’est dit en faveur de la fusion et même prêt, une fois le mariage avec Gaz de France effectué, à augmenter sa participation.

La lettre des actionnaires mécontents intervient à un moment délicat pour Suez et Gaz de France qui ont connu ces dernières semaines des tensions, la direction de GDF estimant que son partenaire discutait sans l’en informer avec les autorités belges et avec la Commission européenne sur les concessions à faire afin d’obtenir leur feu vert au projet de fusion. Gaz de France réclame également d’être traité équitablement dans la répartition des postes dans le futur ensemble.

Le Sénat examine actuellement le projet de loi sur l’énergie dont l’article 10 prévoit la privatisation de Gaz de France, prélude indispensable à son mariage avec Suez. L’UDF va à cette occasion présenter un sous-amendement stipulant que l’Etat s’engage à conserver 51% du capital de Gaz de France, ce qui remettrait en cause le projet de mariage.

A moins de s’intéresser à une solution alternative -dite plan "B"-, évoquée dans la lettre reçue mercredi par la direction de Suez, qui verrait la scission entre activités énergie de Suez qui seraient, elles seules, mariées à Gaz de France, alors que le pôle environnement de Suez -qui intéresse par exemple Veolia mais aussi désormais François Pinault- serait cédé.

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