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Un article paru sur lemonde.fr la 17 mars 2006

Des centaines de milliers de jeunes défilent contre le CPE

vendredi 17 mars 2006
La jeunesse mobilisée contre le CPE a maintenu la pression, jeudi 16 mars, sur le gouvernement, à travers des dizaines de manifestations qui ont réuni de 247 500 à 500 000 personnes selon les sources, mais ont parfois été suivies d’incidents violents, en particulier dans le Quartier latin à Paris.

A titre de comparaison, lors des premières grandes journées de mobilisation contre le contrat première embauche - présenté par le premier ministre il y a exactement deux mois -, entre 218 000 et 400 000 personnes avaient défilé le 7 février, et entre 396 000 selon la police et 1 million selon la CGT le 7 mars. Mais ces journées regroupaient à la fois les jeunes et les salariés.

Face à cette mobilisation, Dominique de Villepin s’est dit "ouvert au dialogue" dans le cadre de la loi, pour améliorer le CPE, et a indiqué qu’il recevrait, vendredi, les présidents d’Université.

Dans l’ensemble du pays, la mobilisation contre le CPE a souvent été importante : 25 000 personnes à Bordeaux d’après les organisateurs (6 800 pour la police), 15 000 à Marseille (7 000), 12 000 à Lille (6 500), 10 000 à Clermont-Ferrand (4 000) et à Angers (4 200), 8 000 à Lyon (5 000).

Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU, la principale fédération de l’éducation, et le président de l’UNEF, Bruno Julliard, ont trouvé les mêmes mots pour saluer "une vraie lame de fond dans la jeunesse".


Des manifestations entâchées parfois de violences

es incidents, parfois violents, ont suivi certains défilés, notamment à Paris, Rennes, Toulouse, Montpellier et Chalon-sur-Saône.

Trois cents fauteurs de troubles présumés ont été interpellés en France, dont 180 dans la capitale, selon le ministre de l’intérieur, Nicolas Sarkozy, peu avant minuit. Selon le préfet de police de Paris, Pierre Mutz, les heurts ont fait 46 blessés parmi les forces de l’ordre : 39 gendarmes mobiles, dont huit hospitalisés, et sept CRS, dont trois hospitalisés.

Dans la capitale, où 33 000 personnes selon la police et 120 000 selon les organisateurs avaient défilé dans le calme, le carrefour Sèvres-Babylone a été le théâtre de heurts. Des casseurs ont mis le feu à un kiosque à journaux et un jeune homme, juché dessus, s’est blessé alors qu’il voulait en descendre. Puis, dans le Quartier latin, quelques centaines de jeunes ont jeté des fumigènes, des cocktails molotov et des pavés contre les forces de l’ordre qui ont employé des canons à eau et de grosses quantités de gaz lacrymogènes pour riposter.

Par ailleurs, les gendarmes mobiles ont dispersé vers 21 h 30 une manifestation de dizaines de militants, présumés d’extrême droite, qui venaient de défiler dans le Quartier latin en criant "gauchistes, libérez nos facs". Casqués et armés de bâtons, ils avaient poursuivi et frappé d’autres manifestants. Plusieurs d’entre eux ont été interpellés.

A Rennes, entre 6 000 (police) et 15 000 personnes (syndicats) ont manifesté calmement. Puis quelques dizaines de jeunes, certains le visage dissimulé, ont mis le feu à des poubelles, endommagé des véhicules et pris les forces de l’ordre pour cible.

A Vitry-sur-Seine, six jeunes gens ont été interpellés et deux policiers blessés lors d’une manifestation. 200 lycéens se sont également opposés aux forces de l’ordre à Chalon-sur-Saône : deux lycéennes et un policier ont été légèrement blessés et au moins trois mineurs interpellés.


Les Français à 68 % pour le retrait du CPE

Les Français sont à 68 % favorables au retrait du contrat première embauche, soit 13 points de plus que le 8 mars (55 %), selon un sondage CSA paru vendredi dans Le Parisien-Aujourd’hui en France. 27 % se disent contre le retrait du CPE, taux comparable à celui de la semaine dernière (26 %).

En revanche, le nombre d’indécis a baissé puisqu’ils étaient 19 % à ne pas se prononcer le 8 mars et qu’ils ne sont plus que 5 % dans le sondage rendu public jeudi.

Questionnées sur leur attitude face à la manifestation programmée pour samedi, 63 % des personnes interrogées disent la soutenir ou avoir "de la sympathie". 27% y sont "opposées" ou "hostiles".

Ces taux sont comparables à ceux du 7 mars (61 % de soutien ou de sympathie, 25 % d’opposition ou d’hostilité).

7 % se disent indifférentes (12 % la semaine dernière), 3 % ne se prononcent pas (2 % précédemment).

Le 7 février, 58 % des personnes interrogées avaient marqué leur soutien ou leur sympathie pour la manifestation anti-CPE. 20 % avaient exprimé leur opposition ou leur hostilité. 15 % étaient indifférentes, 7 % ne se prononçaient pas.

Ce sondage CSA a été réalisé par téléphone les 15 et 16 mars auprès de 857 personnes de 18 ans et plus (échantillon national, méthode des quotas, stratification par région et catégorie d’agglomération).


De plus en plus d’universités et de lycées perturbés

Selon l’UNEF, 64 des 84 universités étaient en grève jeudi. Le ministère de l’éducation nationale faisait, pour sa part, état, à la mi-journée, de 21 universités "totalement bloquées" et de 37 autres "perturbées à des degrés divers".

Selon un porte-parole de l’Union nationale lycéenne (UNL), principale organisation représentative des lycéens en France, les trois quarts des lycées parisiens étaient mobilisés jeudi. Selon le rectorat de Paris, sur 110 lycées, 32 étaient perturbés, dont cinq fermés.

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