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article de FRANÇOISE SIGOT Publié dans Le Figaro le 17 novembre 2006

Duralex : les péripéties d’une reprise ’’abracadabrantesque’’

vendredi 17 novembre 2006 par FRANÇOISE SIGOT
Une énième réunion se tient aujourd’hui au ministère du Travail sur l’avenir de l’entreprise.

COMME tous les jours, les cent salariés du verrier Duralex à Rive-de-Gier (Loire) sont arrivés au petit matin devant les grilles de l’entreprise. Et, comme chaque matin depuis un mois, ils ont pointé, mais sont restés sur le pas de la porte. « Nous n’avons plus de matières premières depuis plusieurs mois et le préfet a ordonné l’arrêt du four le 30 septembre. Nous ne pouvons plus travailler », se désole Pascal Daniel, délégué CGT, qui a remporté hier une petite victoire. Une victoire à la mesure de l’incroyable histoire de cette entreprise de quelque 200 personnes dont le siège est installé à La Chapelle-Saint-Mesmin, dans les faubourgs d’Orléans (Loiret).

Les anciens salariés de Rive-de-Gier, licenciés en octobre 2005, ont séquestré pendant deux jours le directeur général nommé le 10 novembre par Siman Solmaz, un homme d’affaires turc dont le plan de continuation a été accepté par le tribunal de commerce d’Orléans. Après ce coup d’éclat, les ex-Duralex ont obtenu gain de cause sur une partie de leurs revendications. « Nous avons eu un virement de 222 000 euros sur les 350 000 que nous devions toucher en primes de licenciement », expliquent-ils.

Piste allemande

La situation de Duralex est telle que les salariés, les syndicats, les élus locaux et les représentants de l’État ne parviennent plus à la qualifier. « C’est ubuesque », clame Jean-Claude Charvin, maire de Rive-de-Gier. Ce matin Siman Solmaz est convoqué au ministère du Travail pour une énième réunion visant à clarifier le sort du site ligérien. Déjà, mardi dernier, une rencontre au ministère de l’Industrie entre représentants de l’État, des salariés et des élus locaux a accouché d’une souris. « Le ministère va écrire au président du tribunal de commerce d’Orléans », lâche, amer, Jean-Claude Charvin, impuissant lui aussi devant la position de la juridiction commerciale. « Le tribunal bloque tout le processus. » Le plan de continuation ayant été accepté, Siman Solmaz est le seul maître à bord de Duralex, même si depuis mi-octobre un conciliateur a été chargé par le tribunal de commerce de suivre le dossier. « Il est grand temps d’analyser la validité de ce plan de continuation. S’il faut fermer l’usine de Rive-de-Gier pour que le site de La Chapelle-Saint-Mesmin s’en sorte, qu’on le fasse. Et alors nous pourrons travailler pour chercher un repreneur, mais pas une solution visant à céder une partie du site, comme nous le propose le nouveau directeur général », tempête Pascal Daniel (CGT). Il est rejoint par tous les acteurs du dossier, ministère de l’Industrie en tête, qui aurait affirmé avoir établi un contact avec un industriel allemand intéressé par le site ligérien. Tous sauf Siman Solmaz qui, en dépit des quelque 20 millions d’euros de passif qu’afficherait Duralex, ne se résout pas au dépôt de bilan. « Chaque fois qu’un créancier se présente au tribunal, il lâche quelques euros, évitant ainsi le couperet », analyse le maire de Rive-de-Gier. Pendant ce temps, dans l’usine la situation s’enlise, devient explosive et rend chaque jour plus difficile une éventuelle reprise.

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