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Le Figaro | FERYEL GADHOUM. - Le 5 février 2007

E.ON propose 41 milliards d’euros pour s’offrir Endesa

lundi 5 février 2007 par Feryel Gadhoum
Le numéro un allemand pose 4 milliards de plus sur la table pour convaincre.

LA SEMAINE s’annonce décisive dans le dossier E.ON-Endesa, après que l’énergéticien allemand a relevé, samedi, son offre sur l’opérateur espagnol. Il propose désormais 38,75 euros par action, contre 25,40 euros en février dernier. Le tout, soit 41 milliards d’euros, en cash.

De quoi faire un peu plus réfléchir les actionnaires réticents de l’électricien ibère. L’un d’eux, la Caja Madrid qui détient un peu plus de 10 % d’Endesa, va réunir dès ce matin son conseil d’administration et devrait clairement se positionner sur l’offre du numéro un allemand. Dans la foulée, le conseil d’administration d’Endesa devrait se tenir demain.

L’enjeu est de taille, puisque l’autre actionnaire de référence avec 21,3 % du capital, le groupe de BTP Acciona, n’a pas cessé depuis le début de l’offre de faire monter les enchères. Il a même très récemment encore laissé entendre que la valeur du groupe espagnol était comprise entre 45,30 et 58,30 euros par action.

Wulf Bernotat a martelé, ce week-end, que 38,75 euros était son dernier prix, et que cela « n’était ni trop élevé pour les actionnaires d’E.ON, ni trop bas pour ceux d’Endesa ». Le patron d’E.ON a fait cette déclaration à Madrid dans un hôtel situé juste en face du siège de l’autre géant espagnol, Gas Natural. Un magnifique pied de nez si l’on sait que le gazier espagnol était jusqu’à jeudi dernier dans la course contre E.ON pour s’emparer d’Endesa. Il a finalement jeté l’éponge après dix-huit mois d’une âpre bataille. Pour expliquer sa décision, Gas Natural a publié deux pages dans tous les quotidiens espagnols où il se plaint notamment de ne pas avoir bénéficié du même traitement de faveur qu’E.ON de la part de la direction d’Endesa et de ne pas avoir eu accès aux mêmes informations. Une méthode jugée peu élégante par les intéressés qui ont formellement démenti ces allégations. Gas Natural, lui, a décidé d’obtenir réparation.

Seul en course

En attendant, le désistement de Gas Natural est une excellente chose pour le groupe allemand. Madrid, qui privilégiait une offre 100 % espagnole, a tout fait pour mettre des bâtons dans les roues du groupe allemand. À tel point que la Commission européenne a dû intervenir à plusieurs reprises pour contrer le protectionnisme espagnol. Désormais, E.ON est seul en course et a donc plus d’espoir de rafler la mise. S’il réussit, l’allemand conservera, et de loin, la première place au classement mondial des énergéticiens avec un chiffre d’affaires de plus de 75 milliards d’euros et une capitalisation boursière de près de 120 milliards. Loin devant tous ses concurrents, même ceux en cours de fusion. Mieux, en cas de succès, E.ON-Endesa marquera la première grande fusion dans l’énergie depuis des années. Le rapprochement entre Suez et Gaz de France est toujours en suspens et les offres d’Iberdrola sur Scottish Power ou de Nuon sur Essent viennent à peine de commencer.

E.ON espère, lui, avoir bouclé son opération d’ici au mois d’avril.

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