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une dépèche AFP parue sur le figaro.fr le 8 décembre 2005

EDF : 6 000 emplois supprimés d’ici à 2007

jeudi 8 décembre 2005

Trois semaines après avoir mis le pied en bourse, la direction d’EDF a annoncé mercredi la suppression de plus de 6 000 emplois. Cette réduction d’effectif s’appuierait exclusivement sur les départs à la retraite. La CGT a aussitôt dénoncé le passage à une logique financière après l’ouverture de capital de l’entreprise, et ont annoncé y voir les germes d’une « confrontation ».

Le groupe français prévoit d’investir 40 milliards d’euros sur cinq ans, dont plus de la moitié en France, et ce dans tous les secteurs : production, transport, distribution d’électricité. Un tel montant représente une augmentation de près d’un tiers par rapport à la période précédente 2001-2005, avait déjà souligné le PDG Pierre Gadonneix.

Selon celui-ci, cet engagement « après 10 ans sans investissements en installations nouvelles » permettra « d’installer plus de 5.000 mégawatts sur le territoire français, soit l’équivalent de 5 réacteurs nucléaires existants ».

C’est dans ce contexte que l’électricien a annoncé son intention de supprimer plus de 6.000 emplois d’ici à la fin de 2007 par le non remplacement partiel des départs à la retraite et sans licenciement.

A la faveur des départs en retraite d’ici, 9.000 au total d’ici 2007, a indiqué la direction, EDF compte remplacer « un départ sur trois, ou sur quatre selon les métiers », soit une réduction d’effectif comprise entre environ 6.000 et 6.500 emplois.

Ouverture du capital via une augmentation de capital de 15%, introduction du titre en bourse marquée tout à la fois par un engouement populaire (cinq millions de petits porteurs) mais aussi par quelque déconvenu à la cotation : le sentiment prévaut qu’EDF est entrée dans une ère nouvelle, bien que l’Etat conserve 85% du capital.

Mercredi, le tire a terminé à 31,66 euros, en hausse de 0,25%, mais juste en dessous des 32 euros du prix d’achat au moment de l’introduction valorisant le groupe à 57,4 milliards soit légèrement en dessous des 58 mds d’euros de départ.

Débuts modestes, donc, après qu’EDF eut pris soin de conclure un contrat de service public avec l’Etat, pour notamment garantir le haut niveau de sécurité des installations nucléaires et assurer sa part dans « la solidarité nationale » et la lutte « contre l’exclusion sociale ».


« Nécessité » pour Villepin, « manière de faire monter le cours » pour Fabius

Dominique de Villepin a affirmé jeudi matin sur France Inter que la suppression de plus de 6.000 emplois à EDF d’ici fin 2007 par le non remplacement partiel des départs à la retraite et sans licenciement « fait partie des exigences du monde d’aujourd’hui ». Il a ajouté que cette décision avait été « prise avant l’augmentation de capital » du groupe, soulignant que l’entreprise est « devant des problèmes bien réels ». « Cela répond à une stratégie d’EDF et à une nécessité pour EDF », a-t-il affirmé. « Il y a des décisions qui doivent être prises tous les jours (...) en fonction de l’intérêt général de l’entreprise ».

A gauche, Laurent Fabius avait déclaré auparavant que ces suppressions d’emplois étaient destinées à faire « monter les cours » de l’entreprise, après l’ouverture de capital.

« On avait soigneusement évité de nous parler de cela au moment où le gouvernement a vanté les charmes de la privatisation. Il y a une logique : à partir du moment où le gouvernement privatise EDF, cela ve se traduire par moins d’emplois, ce qui est scandaleux », a-t-il indiqué sur France 2.

Observant que « le cours de l’action se traîne » depuis l’ouverture du capital d’EDF, Laurent Fabius a indiqué que « dans cette nouvelle logique, la manière de faire monter le cours, c’est de supprimer les emplois ».

« C’est une raison supplémentaire pour dire que le gouvernement a fait une mauvaise action », a-t-il conclu.

En réponse à ces propos, le premier ministre a évoqué le double langage. « Il faut se méfier des explications qui sont utilisées et détournées pour appuyer des démonstrations idéologiques, alors que nous sommes devant des problèmes bien réels ».

L’annonce concernant l’emploi a quoi qu’il en soit été très mal reçue par la Fédération CGT de l’Energie (53% aux élections professionnelles), qui s’est dite « sidérée par une annonce qui préfigure une autre logique économique dans le droit fil de l’ouverture du capital d’EDF, de sorte que le gouvernement doit très vite faire entendre sa voix ».

« S’agit-il d’un effet d’annonce pour faire monter le cours de la bourse ? » s’est interrogé Maurice Marion, porte-parole de la fédération.

« On voit qu’après l’ouverture du capital, le débat change de nature, on est dans une autre logique économique avec plein cap vers le profit, au moment où le contrat de service public qu’a signé l’entreprise appelle au contraire de consolider l’emploi », a ajouté M. Marion.

« Ces projets sont aux antipodes du vécu des salariés d’EDF qui pointent un manque de personnel dans tous les services, pour faire face aux intempéries, procéder aux travaux dans des délais acceptables, et développer les services de proximité en liaison avec les collectivités locales, en direction notamment des plus démunis », a souligné encore le porte-parole de la CGT.

Selon lui, « il va nécessairement y avoir une confrontation ». La CGT, a souligné M. Marion, entend quoi qu’il en soi « poursuivre sa campagne pour identifier site par site, région par région, les besoins en emplois afin de permettre à l’entreprise ses missions, en défendant les conditions de travail des personnels avec le souci réaffirmé de conforter le service public en s’adressant à l’opinion toute entière ».

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