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un article de F. M. paru dans le Figaro du 20 janvier 2005

EDF a fait valider son plan industriel

jeudi 20 janvier 2005

Le premier conseil d’administration d’EDF après la présentation, mi-décembre, du projet industriel pour la période 2005-2007, s’est tenu hier sur fond de grève des électriciens-gaziers. Pierre Gadonneix, le nouveau président d’EDF, a fait valider son plan élaboré à partir des conclusions de la commission Roulet, chargée cet automne d’évaluer les besoins en financement de l’entreprise publique. Les deux résolutions sur le projet industriel et sur le budget ont été votées par le conseil d’administration. Sur le terrain, l’appel à la grève nationale des salariés a donné lieu - un peu comme à l’accoutumée - à des appréciations contrastées. Alors que la direction d’EDF pointait un taux de grévistes d’environ 16%, la CGT parlait d’une fourchette oscillant entre 30 et 70%.

Les grévistes stigmatisent en particulier les efforts de productivité réclamés à l’entreprise publique : sur ce point précis, Pierre Gadonneix entend générer 10 milliards d’euros d’économies sur les trois prochaines années au titre de l’amélioration générale de la performance, dont 7,5 milliards d’euros grâce à la seule gestion des coûts. Une première dans l’histoire de l’électricien français, même si le concept d’amélioration de la productivité n’est pas à proprement parler une nouveauté.

Pour les grévistes, il s’agissait également de protester contre l’accord de protection sociale de branche, contre lequel plusieurs syndicats se sont déjà prononcés. Cet accord global porte à la fois sur le régime complémentaire maladie de branche, le salaire de base pour les inactifs (retraités), l’harmonisation des cotisations vieillesse, ainsi que les classifications et rémunérations. Il est capital car il s’inscrit dans le cadre du financement des retraites des agents électriciens et gaziers, un dossier clé dans la perspective de l’ouverture du capital de l’entreprise publique, toujours prévue au second semestre.

Le conseil d’administration devait aussi se pencher sur le dossier Edison qui pourrait connaître une accélération dans les prochains jours. Pierre Gadonneix sera ainsi à Rome aujourd’hui et demain, pour s’entretenir avec les autorités italiennes. Il s’agit de dénouer les fils d’une participation complexe, puisque si EDF détient directement 2,34% d’Edison, le deuxième électricien transalpin, et 18,03% d’Italenergia bis, qui possède 63,8% du groupe italien, ses droits de vote sont limités à 2%. Mais surtout, par un complexe jeu d’options d’achat et de vente avec Fiat Energia, le groupe français pourrait se retrouver actionnaire majoritaire d’Edison en février, sans pouvoir augmenter ses droits de vote au-delà de 2%.

Pour EDF, qui veut concrétiser son implantation italienne - mais sans verser pour cela des sommes faramineuses -, la partie s’annonce serrée. La semaine dernière, le groupe français s’est dit ouvert à des partenariats. Dans ce contexte, les régies municipales italiennes pourraient constituer une alternative, mais il ne s’agit là que d’un scénario parmi d’autres. L’entrée d’Enel (numéro un de l’électricité en Italie) sur le territoire français pourrait également servir de contrepartie dans ce dossier.

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