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par William Emmanuel | Reuters | 23/02/06

EDF entend devenir un des leaders de l’énergie en Europe

jeudi 23 février 2006 par William Emmanuel

PARIS - Electricité de France a affiché son ambition d’être "parmi les leaders de l’énergie en Europe" en soulignant qu’il avait retrouvé des marges de manoeuvre pour atteindre ses objectifs.

L’électricien, introduit en Bourse le 21 novembre dernier, a réalisé en 2005 un bénéfice net, part du groupe, de 3,24 milliards d’euros contre 1,61 milliard en pro forma et un résultat d’exploitation de 8,08 milliards contre 6,15 milliards.

Le résultat brut d’exploitation (Ebitda) a atteint 13,01 milliards contre 12,56 milliards, la croissance organique ressortant à 4,9%. Ce qui permet à EDF de dégager un cash flow opérationnel de 9,5 milliards, en progression de 6% et de réduire la dette à 18,59 milliards, sous le niveau des fonds propres (19,16 milliards contre 9,07 milliards).

"EDF a complètement retrouvé une santé financière. Notre bilan aujourd’hui est tout à fait sain et équilibré. Notre Ebitda est le plus important de toute l’Europe de l’énergie", a dit le P-DG Pierre Gadonneix lors d’une conférence de presse.

Il a souligné que le groupe était le seul parmi les acteurs du secteur à être présent sur les quatre principaux marchés européens (Allemagne, France, Grande-Bretagne et Italie) et que sa stratégie consistait à se développer en priorité en Europe où il s’est recentré après une politique d’expansion internationale mal maîtrisée à la fin des années 1990 et au début des années 2000.

"Nous avons les moyens de mettre en oeuvre cette stratégie. Nous sommes un observateur vigilant et intéressé de toutes les restructurations qui se passent en Europe. J’ai toujours pensé qu’elles n’étaient pas achevées. EDF a bien l’intention d’être parmi les leaders de l’énergie en Europe", a-t-il déclaré.

DEVENIR "L’ACTEUR DE REFERENCE"

Il a assuré que le groupe avait "des atouts pour devenir l’acteur de référence en Europe" et "la première entreprise de l’après-pétrole", une formule qu’il n’a pas explicité.

Pierre Gadonneix a fait remarquer qu’EDF n’était pas présent au Benelux et en Espagne alors que des acteurs belge et espagnol (Electrabel-Suez et Endesa) sont en France. Il a souligné que sur les 40 milliards d’investissements prévus sur les cinq prochaines années, huit milliards devaient être consacrés à la croissance externe sur une période de trois ans.

Il n’a pas voulu dire combien EDF pouvait mobiliser, sachant que le groupe veut conserver sa note AA- chez Standard & Poor’s et qu’il a promis que dans trois ans la dette ne dépasserait pas le niveau atteint fin 2005. Mais, même quand sa dette était montée à 27 milliards après le rachat de 50% d’Edison, la note avait été maintenue. Ce qui signifie qu’il peut emprunter sans difficulté 7 à 8 milliards qui s’ajouteraient aux 8 milliards provenant de la trésorerie dégagée par l’activité.

Enfin, l’Etat détient environ 87% du capital et peut descendre jusqu’à 70% selon la loi. Au cours actuel (42,63 euros, en hausse de 1,91% vers 12h45), la cession de 10% permettrait d’obtenir 7,8 milliards. Cela donne une enveloppe globale de quelque 25 milliards voire de 30 milliards.

EDF assure ne pas avoir de grand projet en cours. Pour autant, Pierre Gadonneix a affirmé qu’il n’était "absolument pas surpris" par les mouvements actuels. E.ON a lancé une offre de 29,1 milliards sur Endesa, qui était convoité par Gas Natural. Enel n’a pas exclu une OPA sur Suez, un groupe qui pèse plus de 42 milliards en Bourse.

Le président d’E.ON a prédit que le marché européen serait dominé par trois acteurs à terme. La plupart des analystes financiers y mettent E.ON et EDF. La troisième place devrait être disputée entre RWE, Enel, Gaz de France voire le géant russe Gazprom qui a des velléités d’expansion en Europe et qui dispose des moyens financiers colossaux.

Comme l’a rappelé Pierre Gadonneix, le secteur de l’énergie doit faire face à un besoin massif d’investissements. Pour lui, seuls de grands groupes peuvent s’y lancer, la durée d’immobilisation pour une centrale nucléaire étant d’un siècle.

"L’Europe, les Européens, les Français ont intérêt à avoir de grands groupes électriques capables d’investir dans le long terme, de prendre des risques", a-t-il souligné.

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